Train handicap 2:03
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Inès Zeghloul, édité par Yanis Darras // Crédit photo : Philippe LOPEZ / AFP
À l'approche des prochains Jeux olympiques de Paris, la question de l'accessibilité des transports fait encore l'objet de nombreux débats. À l'image de Gilles, en fauteuil roulant électrique, qui a tenter de prendre les transports en commun de gare de Lyon, à Châtelet. Un parcours rapide sur lequel Europe 1 a pu le suivre, et qui a tourné à l'épreuve.

La sixième conférence nationale pour le handicap tourne au bras de fer entre l'Élysée et les associations représentants les Français en situation de handicap. Alors qu'Emmanuel Macron doit annoncer 70 mesures pour faciliter le quotidien de ces Français, il fera face à 52 chaises vides. Les associations du collectif Handicap ont en effet annoncé boycotter la conférence, jugée trop peu ambitieuse selon elles, notamment sur l'aménagement de Paris à l'approche des JO 2024

Un parcours du combattant

Car selon un sondage réalisé par l'Ifop, 80% des personnes handicapées jugent la capitale inadaptée, et même inaccessible. Le plus gros point noir : les transports en commun. Couloirs parfois étroits, marches à foison, impossibilité de monter seul dans les trains… Se déplacer en transports en commun en fauteuil relève du parcours du combattant, assure Gilles. 

"On vient d'arriver à la gare de Lyon, et là le plus simple pour moi, c'est d'aller à Châtelet" car la gare est adaptée, explique-t-il au micro d'Europe 1. Première déconvenue néanmoins : "Si vous êtes en fauteuil, la gare de Lyon reste accessible en empruntant le RER A pour qu'on aille à Châtelet. Donc, nous, on ne peut pas emprunter le métro". Et une fois sur le quai, "là on ne peut pas monter dans le train, donc on a besoin d'assistance."

Seule solution pour Gilles : appeler l'assistance. Coup de chance, un personnel de la RATP répond à l'interphone et lui installe une rampe pouvoir entrer dans le RER. Une fois dans le train, le plus dur reste à faire. Obligé de rester sur la plateforme située à l'entrée des portes du RER, "cela peut vite devenir invivable s'il y a du monde avec moi" dans ce petit espace, confit-il. Et en arrivant à la gare de Châtelet-Les Halles, "il faut que je manœuvre dans le train, parce que le quai se trouve de l'autre côté. Et ce n'est pas simple de se retourner en fauteuil avec les barres verticales de maintient, qui prennent toute la place", explique-t-il. 

Patience

Une fois à la surface, il faut encore se montrer patient afin de trouver un café capable d'accueillir une personne en fauteuil sur sa terrasse, pour boire un verre. Gilles aura mis 30 minutes avant de déceler un établissement capable de l'installer. À cela, il faut ajouter l'heure et demie de trajet pour parcourir simplement… une station. Alors, à la fin de la journée, Gilles commande un taxi adapté. "J'ai attendu 45 minutes" pour avoir le véhicule, souligne-t-il. 

Dernière mission de la journée, retourner chez lui, en province. "Je pars de la gare de Bercy tout à l'heure, il faudra qu'un agent soit disponible pour que je monte dans le train, ainsi qu'un agent soit présent à la gare d'arrivée pour que je descende. Donc, j'espère que je rentre à la maison ce soir", plaisante-t-il, un brin inquiet tout de même.