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«Ce risque, on sait qu’il existe aujourd’hui» : l’ombre du narcotrafic plane sur les municipales, selon l’Association des maires de France

À six semaines des élections municipales des 15 et 22 mars, l’Association des maires de France alerte sur le risque d’ingérences de réseaux de narcotrafic. [Valentine CHAPUIS / AFP]

À six semaines des élections municipales des 15 et 22 mars, l’Association des maires de France alerte sur le risque d’ingérences de réseaux de narcotrafic. Sans menace immédiate identifiée, plusieurs élus et spécialistes redoutent que des candidats soient approchés ou influencés pour protéger les trafics dans certaines communes, un scénario jugé plausible sur l’ensemble du territoire.

À un mois et demi des élections municipales des 15 et 22 mars prochains, une inquiétude monte parmi les élus locaux. L’Association des maires de France alerte sur le risque d’ingérences du narcotrafic dans le scrutin. 

Sans menace identifiée à ce stade, plusieurs spécialistes redoutent que des réseaux de trafiquants cherchent à influencer certaines listes ou à approcher des candidats, dans l’objectif de s’assurer des relais au sein des conseils municipaux. 

Un scénario qui peut sembler relever de la fiction, mais que des élus jugent désormais plausible, partout sur le territoire.

"Il y a des réseaux qui sont proches d’un certain nombre d’élus"

À l’approche des élections municipales, Etienne Blanc, sénateur du Rhône et coauteur d’un rapport sur le narcotrafic, alerte : "Il y a des réseaux qui sont proches d’un certain nombre d’élus locaux. Ce risque on sait qu’il existe aujourd’hui."

Des dealers pourraient menacer, approcher ou corrompre des futurs maires. "Les narcotrafiquants ont bien compris que ce sont les maires qui décident du lieu d’installation des caméras, de la rupture des baux lorsqu’une famille de narcotrafiquants occupe un logement, de la confiscation des fonds de commerce qui blanchissent de l’argent, qui pilotent la police municipale, etc… Donc le fait de tenir une municipalité peut permettre de protéger un trafic", détaille-t-il.

La région parisienne ou Marseille semblent plus exposées à ce risque, selon l’Association des maires de France. Mais attention : "Toute commune dans laquelle il y a du narcotrafic, des échanges, est sujette à ce risque."

C’est-à-dire en réalité l’ensemble du territoire français, le trafic de drogue ayant aujourd’hui déferlé dans presque toutes les villes et campagnes.