Camille, 41 ans, a persévéré après plusieurs échecs professionnels : "Je suis sortie de ma zone de confort"

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Camille a lancé au cours de sa carrière plusieurs commerces, et a connu plusieurs échecs. Mais jamais cette mère célibataire n'a baissé les bras. Elle a raconté son parcours à Olivier Delacroix.
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Il n'est pas simple de mener de front une vie de mère célibataire et une vie professionnelle marquée par plusieurs échecs, tout en conservant courage et abnégation. C'est donc tout à l'honneur de Camille, 41 ans, qui, après plusieurs dépôts de bilan dans le commerce notamment, s'est orientée aujourd'hui vers un tout autre domaine, la thérapie par l'hypnose. Un choix qu'elle n'aurait pas fait sans l'impératif d'éducation de ses trois filles, et sans ce que l'on appelle "le pouvoir du oui". Elle a expliqué tout cela à Olivier Delacroix, mardi, sur Europe 1.

"Je suis une maman solo, j'ai élevé mes trois filles toute seule. Parallèlement, j'ai monté plusieurs entreprises, avec plusieurs dépôts de bilan. Mais j'y suis toujours retournée, jusqu'à enfin réussir dans mon métier. J'ai osé faire des choses que je ne savais pas faire auparavant. J'étais dans le commerce et je suis allée vers la thérapie. Je suis donc sortie de ma zone de confort. J'ai osé faire des choses que je n'avais jamais faites. J'ai utilisé ce que l'on appelle le 'pouvoir du oui', c'est-à-dire que je répondais systématiquement oui quand on m'offrait une nouvelle opportunité, même si je ne savais pas encore comment j'allais faire. J'y allais quand même, et je trouvais des solutions.

>> De 15h à 16h, partagez vos expériences de vie avec Olivier Delacroix sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Changer de vie, ça demande du courage. J'étais seule avec mes filles, j'avais un salaire fixe tous les mois car je travaillais dans un magasin, et j'ai tout arrêté pour me lancer à mon compte. C'était un pari osé. Surtout qu'il n'y avait pas de deuxième salaire (celui d'un deuxième parent) pour me reposer dessus. J'ai osé, car je savais que je trouverais toujours un moyen de m'en sortir.

Entendu sur europe1 :
Je pense que ma motivation, ce sont mes enfants

Je suis persévérante et tenace, c'est certain. Sinon j'aurais arrêté au premier échec de mon entreprise. Je pense que ma motivation, ce sont mes enfants. Il était hors de question que je leur offre une vie 'à moitié', parce que je n'avais qu'un demi-salaire. Mes filles ont fait des écoles qui coûtent cher. Je leur ai dit oui, pensant qu'on trouverait toujours une solution.

J'associe le courage et la curiosité. Pour moi, il faut savoir être curieux pour aller en dehors de notre zone de confort. Si je n'avais pas osé aller voir ce qui se passait à l'extérieur, je serais encore là où j'étais il y a dix ans. Il faut oser être curieux de choses que l'on n'a jamais faites, et c'est là qu'on se rend compte que l'on a du courage, que l'on a des capacités que l'on n'utilisait pas auparavant.

Moi, je n'utilise jamais l'expression 'bon courage'. Ça revient à dire à quelqu'un que sa journée va être difficile, que cette personne va avoir besoin de courage. Je préfère dire 'bonne journée', ou 'amuse-toi bien', des choses plus positives à mon sens."

L'avis de la psy

Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste

"L'acte courageux n'est pas nécessairement exceptionnel, dans le sens où il peut être ordinaire, dans la vie quotidienne. En revanche, il nécessite un effort conséquent : il faut aller chercher quelque chose dans ses limites. Et ça, c'est de l'ordre de l'exceptionnel. Il y a une image que l'on connaît bien : Sisyphe par Camus. C'est l'effort perpétuel, sans cesse renouvelé. Affronter la répétition et ne pas se décourager, ça nécessite du courage.

Le courage implique nécessairement la peur. Car si vous n'avez pas peur, vous êtes dans une inconscience, dans la passion, l'insouciance, la démesure. Là, on ne peut pas vous qualifier de courageux. Il faut toujours avoir conscience de la limite, il faut toujours avoir peur, mais considérer que la peur n'aura pas le dernier mot. La lâcheté est le contraire du courage. La bonne nouvelle, c'est que nous ne sommes pas éternellement lâches. Mais en aucun cas, la peur est l'envers du courage, au contraire, c'est une nécessité.

On évite le découragement en se préservant de ne pas systématiquement renoncer à ses valeurs pour accomplir un geste. Très souvent, on a soi-même capitulé, renoncé, mais il faut mener certains combats pour ne pas perdre confiance en nos capacités.

Le courage n'est pas inné. On peut avoir des tempéraments, mais nos cultures, nos éducations, nos valeurs, les médias, la vie qui nous entoure, nous permet de le cultiver.