Pour mettre fin à certaines stratégies commerciales où le prix du billet ne reflète pas le coût réel du voyage, le Parlement européen a voté un projet de loi qui pourrait imposer aux compagnies aériennes la gratuité d'un bagage cabine, en plus d'un "effet personnel". Une mesure qui inquiète les acteurs du secteur, à plusieurs titres.
Adeptes du "voyager léger" ? Vos prochaines vacances seront peut-être bientôt encore plus confortables. Le Parlement européen a voté, fin janvier, un projet de loi visant à encadrer certaines pratiques tarifaires des compagnies aériennes, notamment low-cost, sur la question des bagages cabine.
Ce dernier vise à garantir à chaque passager le droit d’emporter gratuitement deux éléments à bord : un "effet personnel" (par exemple un sac à main ou à dos respectant des dimensions maximales de 40 × 30 × 15 cm), ainsi qu’un bagage cabine de 7 kg.
Harmoniser les règles
Contrairement à certaines idées reçues, la mesure ne s'appliquerait pas uniquement aux compagnies low-cost, mais aussi aux transporteurs traditionnels comme AirFrance, dès lors que les vols partent ou arrivent depuis un aéroport de l’Union européenne et sont opérés par une compagnie qui y est basée.
L’objectif affiché est clair : harmoniser les règles, variables en fonction des compagnies, et mettre fin à certaines stratégies commerciales où le prix du billet ne reflète bien souvent pas le coût réel du voyage.
Cette réforme suscite néanmoins de vives inquiétudes dans le secteur aérien, le modèle économique des compagnies à bas coût reposant largement sur la facturation de ce type de services, qui peuvent représenter jusqu’à 20% de leur chiffre d’affaires. Ces dernières seraient ainsi contraintes de relever le prix de leurs billets, ce qui désavantagerait les passagers ne voyageant pas avec un bagage cabine.
Les transporteurs aériens redoutent également des contraintes logistiques, avec un manque de place à bord et une augmentation des bagages placés en soute, pouvant entraîner des retards mais aussi un impact environnemental plus important, avec des avions plus lourds et une consommation de carburant plus grande.
Le texte doit encore être validé par le Conseil européen, plus réservé sur l'idée. Des négociations sont en cours et pourraient aboutir d’ici mi-2026, permettant, en cas d'accord, l’entrée en vigueur de la mesure d'ici l'année suivante, voire 2028.