Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Avignon : un foyer éducatif fermé pour «dysfonctionnements graves»

(Illustration) [AFP]

La préfecture du Vaucluse a fermé un foyer éducatif d'Avignon pour une durée de six mois après des "dysfonctionnements graves", notamment des atteintes à la "sécurité physique et psychique" des 12 jeunes placés. Cet internat avait, depuis 2024, fait l'objet de plusieurs signalements et de mises en demeure.

Un foyer éducatif d'Avignon où étaient placés 12 jeunes, principalement des mineurs, a été fermé pour six mois par la préfecture de Vaucluse à la suite de "dysfonctionnements graves", notamment des atteintes à leur "sécurité physique et psychique", a-t-on appris mardi auprès des services départementaux.

plusieurs signalements et mises en demeure

Géré par l'association Coallia, spécialisée dans l'accompagnement de publics fragilisés, l'internat du Regain avait depuis 2024 fait l'objet de plusieurs signalements et de mises en demeure par la Direction de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et les services du département jusqu'à sa fermeture début avril.

Les jeunes, âgés entre 11 et 21 ans, qui avant d'être placés avaient tous vécu des problèmes dans leur cadre familial, ont été réorientés vers d'autres foyers, a précisé le département à l'AFP. Parmi les griefs remontés à la suite de plusieurs contrôles d'inspection figurent une "importante dégradation des locaux" ou "un manque d'hygiène ne permettant pas de maintenir la structure ouverte".

Les premiers manquements ont été constatés dès 2024, accompagnés de préconisations au gestionnaire de la structure. D'autres contrôles effectués fin 2025 ont fait remonter que "les événements indésirables" se poursuivaient, voire qu'il y avait une "aggravation continuelle".

"Des sommets inadmissibles"

Fin 2025, à la suite du signalement d'une jeune mineure qui faisait l'objet de maltraitances de la part d'une éducatrice, le département a effectué un signalement auprès du procureur au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, qui stipule que "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit, est tenu d'en donner avis sans délai" à la justice.

Enfin une nouvelle visite inopinée des autorités début avril a constaté "des sommets inadmissibles" au sein de la structure où circulait de l'alcool, de la drogue ou encore des mineurs qui partageaient le même lit, a indiqué le département à l'AFP. S'y ajoute "un problème de personnel qui ne faisait pas bien son travail".

Contacté par l'AFP, Coallia a estimé ne pas avoir "eu à date de dialogue contradictoire, ce qui est anormal". "Les faits relatés sont imprécis, interprétés et à charge. Un exemple emblématique : l'eau a toujours été potable (...). Dans tous les cas, nous réfutons le fait que les personnes accompagnées étaient en risque", a précisé le service de presse de ce groupe qui compte plus de 4.000 salariés, 760 établissements et services répartis sur 44 départements. Coallia promet d'apporter "des réponses précises à chacun des points" soulevés.