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G.P. , modifié à
Chez Olivier Delacroix vendredi, Aurélie, 33 ans, raconte comme elle gère sa séduction compulsive. La jeune femme fait remonter l'origine de ce comportement à son enfance.

C'est souvent dans le regard de l'autre et des autres que l'on se sent séduisant. Mais que se passe-t-il quand séduire l'autre devient une obsession ? Cela a aujourd'hui un nom : la séduction compulsive. Aurélie, 33 ans, explique son comportement par son enfance, avec un père absent et une mère un peu dure avec elle, comme elle le confie à Olivier Delacroix vendredi.

 

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"Quand on manque d'estime de soi, cela crée des problèmes pour tout"

"Le manque de reconnaissance s'est senti dès l'enfance. C'est un mal-être qui était présent depuis bien longtemps et c'est vrai qu'il y a toujours eu cette notion de vouloir plaire, être vue, être aimée. Pour ma mère, ce que je faisais n'était jamais assez bien, il fallait toujours que ce soit plus. Ce qui fait que je n'ai pas eu confiance en moi, je ne me suis pas sentie valorisée. Une situation qui a créé un mal-être et un dysfonctionnement. Quand on manque d'estime de soi, cela crée des problèmes pour tout.

Petite, lors de conflits, je restais dans ma chambre à attendre de l'attention de la part de ma mère. J'attendais peut-être des mots d'amour, des bras, du réconfort, quelque chose pour me sentir exister. Être mise à l'écart pour un enfant, c'est horrible. On s'enferme dans une bulle et à l'âge adulte, on pense que cette manière d'agir est la bonne. Si on a eu une enfance avec des bases fragiles, sans amour inconditionnel, alors on reproduit cela plus tard.

"On se sent exister à nouveau avec le regard des autres"

Ensuite, dès l'adolescence, je suis entrée dans une phase de séduction, qui ressemblait plus à une recherche du regard, à être constamment jolie pour plaire au garçon. C'est toujours le cas aujourd'hui. On se lève le matin avec une obsession : que l'autre nous voit. C'est plaisant, on se sent exister à nouveau avec le regard des autres. On peut avoir des compliments et cela fait énormément de bien. De temps en temps, on voudrait que cela ne s'arrête pas. On est toujours souriante, on cache un peu notre passé, on aime plaire, on se donne une attitude de femme fatale. Mais à l'intérieur, c'est totalement différent. Souvent, c'est difficile de se montrer soi-même face à une personne, car on a peur de décevoir.

Je sors d'une relation avec un homme où j'étais toujours dans la séduction pour paraître parfaite à chaque instant. Dès qu'il aimait quelque chose, je faisais tout pour qu'il l'ait. Cela pouvait être des petits plats, des cadeaux... Mais j'étais face à quelqu'un qui ne me disait pas ses sentiments. Il n'a pas voulu s'engager, ne m'a pas fait rencontrer ses amis et sa famille. Au début de la relation, j'ai donné 1.000% de moi et ensuite, dans la relation, je lui ai donné un petit peu moins, je n'étais pas heureuse.

"Ne pas vouloir plaire à tout prix est le plus dur"

Dans notre tête, on se dit que cette quête est inaccessible. En effet, on rencontre quelqu'un, on fait tout, mais on va de désillusion en désillusion et à chaque fois, on est déçu. Alors, on ne sait plus si on doit s’investir, si on doit s'aimer et si on doit ouvrir son cœur, car à chaque fois cela fait mal. J'essaye de travailler sur le fait de ne plus être dans la séduction. Mais ne pas vouloir plaire à tout prix est le plus dur."