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Alain Acco, édité par R.D. , modifié à
La clé USB retrouvé dans le bureau de Mickaël Harpon, le tueur de la préfecture de police de Paris, mobilise l’essentiel de l’attention et de l’énergie des enquêteurs, soucieux d’aller le plus vite possible.

C’est une petite clé USB, mais elle est au cœur de l’enquête sur la tuerie perpétrée le 3 octobre à la préfecture de police de Paris. L’objet a été retrouvé dans le bureau de Mickaël Harpon, l’homme qui a tué à l’arme blanche quatre de ses collègues. Et depuis cette trouvaille, un énorme dispositif a été mis en place pour tenter d’obtenir, le plus vite possible, des résultats.

Ce sont donc pas moins de 160 enquêteurs qui sont mobilisés. Jamais, depuis les attentats du 13 novembre, la PJ parisienne n'avait mobilisé autant de monde sur la même affaire. La brigade criminelle a été renforcée par des dizaines de volontaires venus des autres services du "36". "On a fait le choix, comme au temps des attentats de novembre 2015, d’impliquer toutes les autres brigades centrales, les services financiers, pour décharger la brigade criminelle", confirme à Europe 1 Jean-Paul Mégret, secrétaire général adjoint su syndicat des commissaires de police.

"Chaque enquêteur a plusieurs centaines de mails à exploiter"

160 enquêteurs donc, dont la moitié consacrent leur temps à tenter de percer les mystères de la fameuse clé USB. Leur mission : dresser l'inventaire de tous les documents enregistrés sur cette clé USB, avec une attention particulière pour tous les noms et données personnelles des fonctionnaires du renseignement, qui craignent pour leur sécurité et celle de leur famille. "Pour cette histoire qui est extrêmement sensible de clé USB, on a mobilisé pas mal de monde pour pouvoir faire cette exploitation", explique le Jean-Paul Mégret. "Chaque enquêteur a plusieurs centaines de mails à exploiter. Ils se sont donc relayés entre la journée d’hier après-midi et toute la nuit. Et notre objectif c’est d’avoir un début de commencement de résultat normalement en début d’après-midi."

"C'est un travail de titan", confie un responsable de la PJ. Car cette clé de 64 gigas contient des milliers de pages, photos et vidéos. Elle était utilisée au quotidien par le tueur, dans le cadre de son travail de maintenance informatique, pour transférer le contenu d'un ordinateur à un autre. "Il n'est donc pas exclu, qu'on y trouve des listes de policiers, avec leur adresse personnelle", prévient un enquêteur. "Mais cela ne voudra pas dire pour autant que cette liste est sortie un jour du bureau où on l'a retrouvée".