Après seulement trois mois de fermeture, la mosquée de Pantin autorisée à rouvrir

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mosquée de Pantin 1:34
La grande mosquée de Pantin accueille environ 2.000 fidèles. © Christophe ARCHAMBAULT / AFP
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Après l'assassinat de Samuel Paty, la grande mosquée de Pantin avait été contrainte à la fermeture, sa page Facebook s'étant faite le relai de l'appel à la mobilisation contre l'enseignant. Devant les députés, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé sa réouverture, saluant le travail des gérants.
REPORTAGE

Le projet de loi "confortant les principes républicains", présenté comme un rempart contre l’islam radical, continue d’être au cœur de débats. À l’Assemblée nationale, les députés épluchent le texte depuis le début de la semaine. Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, en a fait l’une de ses priorités. Symbole de cette fermeté contre l’islam politique, le ministre avait ordonné la fermeture administrative de la grande mosquée de Pantin pour six mois. Mais devant les députés, le locataire de la place Beauvau a annoncé que les gérants de la mosquée "avait fait le ménage" et qu’elle pourrait rouvrir plus tôt que prévu, après seulement trois mois et demi de fermeture.

"On veut tout faire en transparence, on ne cache rien du tout"

"Regardez ! On est devant la porte de la mosquée, la grande mosquée de Pantin. Regardez ce qu’elle est devenue…" Auprès d'Europe 1, Ahmed se désole de voir sa mosquée laissée à l’abandon. Derrière le portail noir fermé, des tas de feuilles mortes s'accumulent. Mais la réouverture ne devrait plus tarder. Drahmi Abdoulrahmane, un des imams, explique que des mesures ont été prises pour convaincre la préfecture que les gérants respectent les règles, à commencer par l’installation de quatre caméras. "Il y en aura deux à l'extérieur, et deux à l'intérieur. On veut tout faire en transparence, on ne cache rien du tout", fait-il valoir.

Des réseaux sociaux surveillés de près

Un autre imam était accusé de tenir des propos radicaux dans ses prêches. Ahmed s’agace à son évocation : "Il est parti !", balaye-t-il. Quant à la page Facebook de la mosquée sur laquelle la vidéo incriminant Samuel Paty, l'enseignant assassiné en octobre après avoir montré en classe des caricatures du prophète, avait été partagée, le recteur promet qu’elle sera surveillée de très près.

Souleymane, habitant et fidèle du quartier, salue ces avancées. "C'est une satisfaction pour les fidèles, ce qui est important c'est de respecter la loi française, et que l'on nous laisse pratiquer notre religion", explique-t-il. Avant sa fermeture, près de 2.000 personnes venaient prier chaque vendredi dans cette mosquée.

Europe 1
Par Justin Morin, édité par Romain David