Samuel Paty : l'institution jugée réactive mais manquant de surveillance sur internet

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Un rapport met en avant la réactivité de l'institution mais également le manque de veille sur les réseaux sociaux.
Un rapport met en avant la réactivité de l'institution mais également le manque de veille sur les réseaux sociaux. © Thomas COEX / AFP
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L'institution a agit avec réactivité mais n'a pas su suivre convenablement ce qu'il se passait sur les réseaux sociaux. Ce sont les conclusions du rapport de l'inspection générale de l'Education rendu public ce jeudi soir. Il préconise ainsi de mieux assurer la veille sur internet et d’accroître les échanges d'informations.

Un rapport de l'inspection générale de l'Education se penchant sur les événements survenus dans le collège de Samuel Paty avant son assassinat a confirmé jeudi la réactivité de la prise en charge de l'institution mais souligne un défaut de surveillance des réseaux sociaux. Au début du mois d'octobre, ce professeur d'histoire-géographie de 47 ans avait montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet, lors d'un cours sur la laïcité, qui avait créé la polémique auprès de certains parents. Il avait également subit des menaces sur les réseaux sociaux. Dix jours plus tard, il a été assassiné par un Tchétchène radicalisé, à la veille des vacances.

"Les dispositions ont été prises avec réactivité"

"La reconstitution du déroulement des faits tend à montrer que, tant au niveau de l'établissement qu'aux niveaux départemental et académique, les dispositions ont été prises avec réactivité pour gérer le trouble initialement suscité par le cours sur la liberté d'expression de Samuel Paty", écrit l'inspection générale de l'Education dans un rapport rendu public jeudi soir. 

 

La principale du collège "a accompagné le professeur dès le lendemain mardi quand elle a recueilli une première réaction d'une mère d'élève" et a alerté l'académie "dès le jeudi 8 avant même d'avoir rencontré le père de l'élève et l'individu qui l'accompagnait". 

"Le soutien de l'institution au professeur semble avoir été total" d'après Blanquer

Au sujet de l'entretien que Samuel Paty a eu avec le référent académique laïcité, la principale et la conseillère d'éducation, l'inspection explique que dans un premier temps, l'enseignant a eu "du mal à percevoir qu'en proposant aux élèves de sortir il a fait une erreur, il pense qu'en cela son comportement est conforme aux principes de la laïcité". Samuel Paty a ensuite "reconnu une maladresse, dans la mesure où ce qui était pensé comme un moyen de protéger les élèves a finalement froissé", poursuit l'inspection, précisant que "lors de l'entretien, il est redit qu'il n'a pas demandé explicitement aux élèves musulmans de sortir mais qu'ils se sont sentis désignés implicitement". 

Il y a eu une bonne réactivité et des réflexes professionnels, de la part de Samuel Paty, de la principale du collège et des différents acteurs dont les équipes 'Valeurs de la République' de l'académie de Versailles. Le soutien de l'institution au professeur semble avoir été total", affirme le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer dans une interview au Figaro.

Accroître la veille sur les réseaux sociaux 

Le rapport de 22 pages pointe aussi des faiblesses, telles que le manque de surveillance des réseaux sociaux. Après les cours de Samuel Paty, la polémique, via notamment la vidéo du père d'une élève, a été particulièrement relayée sur les réseaux sociaux. Mais le rapport note que l'alerte a été donnée "par des parents d'élèves ou par un professeur".

Pointant donc un déficit de l'institution le rapport estime qu'il "apparaît nécessaire de mettre en place ou de faire monter en puissance des cellules de veille des réseaux sociaux". Le rapport revient aussi sur les échanges d'informations et recommande d'"accroître la fluidité et la réciprocité des échanges d'information entre les différents échelons des services du ministère de l'Education nationale et ceux du ministère de l'Intérieur de façon, notamment, à permettre une évaluation du degré de gravité d'un événement".

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP