Après les annonces de Macron, les gilets jaunes ne décolèrent pas : "Il cherche la révolution"

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Les gilets jaunes de Fréjus restent mobilisés sur leur rond-point.
Les gilets jaunes de Fréjus restent mobilisés sur leur rond-point. © AFP
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Pas convaincus par la conférence de presse tenue par le chef de l'État, jeudi soir, des "gilets jaunes" de Fréjus considèrent les annonces présidentielles comme "un manque de respect".
REPORTAGE

Ils étaient une trentaine de "gilets jaunes" rassemblés jeudi soir devant un poste de télévision sur le rond-point du Gargalon, à Fréjus, au niveau de la sortie A8. Tous attendaient la conférence de presse d'Emmanuel Macron en clôture de trois mois de "grand débat national", avec des annonces destinées notamment à répondre au malaise soulevé par les contestataires depuis novembre. Mais globalement, le chef de l'État n'a suscité chez eux que déception et colère. 

Irritation sur le vote blanc

Ils ont d'abord été un peu irrités par les propos liminaires du chef de l'État, prévus pour durer une vingtaine de minutes mais qui ont duré bien plus longtemps. "Ça m'énerve, 30 minutes qu'il raconte n'importe quoi", a rapidement pesté une "gilet jaune", alors que l'introduction présidentielle a duré un peu moins d'une heure.

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Ces contestataires ont ensuite conspué le président lorsque celui-ci a affirmé qu'il avait été "tenté par l'option" du vote blanc, demandé par un certain nombre de "gilets jaunes", mais qu'il avait finalement décidé de l'exclure de sa liste de réformes, contrairement à l'introduction d'une forte dose de proportionnelle.

"On n'a même plus envie de l'écouter"

Et malgré l'annonce d'une baisse significative de l'impôt sur le revenu et la réindexation des retraites de moins de 2.000 euros, rien n'y fait : les "gilets jaunes" ont le sentiment de ne pas avoir été entendus. "Il ne répond pas forcément à nos attentes, il reprend ce qu'il a dit dans les débats avec les maires et il n'y avait alors aucun 'gilet jaune'", regrette l'un d'entre eux. "On n'a même plus envie de l'écouter. Malheureusement, c'est un manque de respect ce qu'il nous fait", lâche un autre, quand un troisième voit dans l'exercice du "grand débat" un moyen de "payer" la campagne des européennes du parti présidentiel.

"On n'a entendu aucune des revendications des 'gilets jaunes'", résume une contestataire. "Le pouvoir d'achat, la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, la réindexation, dont il parle pour 2020…" "Et on va travailler plus ! Il cherche la révolution", poursuit un autre 'gilet'. "Ça va s'énerver grave", promet même la première. Car pour eux, pas question d'arrêter le mouvement après cette conférence de presse, inédite dans le quinquennat. S'il le faut, affirment-ils, ils resteront sur leurs ronds-points jusqu'en 2021.

Europe 1
Par Frédéric Michel, à Fréjus, édité par Thibaud Le Meneec