Après 28 ans de cavale, un braqueur se rend à la justice

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Gilles Bertin avait participé au casse de la Brink's de Toulouse en avril 1988. Après 28 ans de cavale en Espagne et au Portugal, il s'est rendu à la police en novembre 2016. Son procès s'ouvre mercredi, il encourt jusqu'à 20 ans de prison.

Il a cavalé pendant 28 ans. Gilles Bertin s'était évanoui dans la nature après le braquage de la Brink's de Toulouse du 27 avril 1988. Alors âgé de 27 ans, il faisait parti de la quinzaine d'individus qui avaient séquestré des employés de la société avant de repartir avec 11,7 millions de Francs en poche, soit environ 2,86 millions d'euros en tenant compte de l'inflation. Son procès s'ouvre ce mercredi devant les assises de la Haute-Garonne.

Père d'un enfant de six ans. La justice le croyait mort, mais Gilles Bertin est bel et bien vivant lorsqu'il décide d'aller se rendre à la police après avoir passé les Pyréenées en novembre 2016. Cela faisait 28 ans qu'il se cachait, notamment en Espagne et au Portugal, où il a fondé une famille, c'est d'ailleurs en partie pour lui qu'il a décidé d'en finir avec cette interminable cavale. "Gilles Bertin a un enfant de six ans et il sait bien que si son fils doit bâtir un avenir, il faut que le père ait un passé et qu'il puisse en parler", explique son avocat, Me Christian Etelin. 

"Il ne veut pas continuer dans l'hypocrisie en continuant à fabriquer un passé ou à mentir sur son passé". La démarche de Gilles Bertin est aussi le résultat d'une longue culpabilité qui le rongeait depuis des années. "Il fait la démarche de se rendre parce qu'il n'est pas fier du tout, surtout par rapport aux personnes qui ont pu être brusquées, parce qu'il y a eu une certaine violence, c'est surtout ça qui le hante. Il ne veut pas continuer dans l'hypocrisie en continuant à fabriquer un passé ou à mentir sur son passé", poursuit son avocat.

Condamné à 10 ans de prison par contumace en 2004, l'ancien chanteur du groupe punk des années 1980 "Camera Silens" encourt jusqu'à 20 ans de prison. Il aurait dû encore attendre jusqu'en 2024 pour pouvoir bénéficier de la prescription, mais Gilles Bertin espère surtout que sa démarche de rédemption sera comprise par les jurés, dont il espère la clémence.  

Europe 1
Par Benjamin Peter, édité par Ugo Pascolo