Antisémitisme : "Je rêve d'imaginer que ces gens qui manifestent semaine après semaine puissent dire 'pas en mon nom'"

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Delphine Horvilleur, femme rabbin du Mouvement juif libéral de France, a confié à Nikos Aliagas sur Europe 1, qu'elle "rêve d'une réaction nationale" contre l'antisémitisme.
INTERVIEW

Le chiffre est "terrifiant, glaçant". Les actes antisémites ont augmenté de 74% en 2018. Illustration faite ces derniers jours avec des tags sur des enseignes du restaurateur Bagelstein ou sur un portrait de Simone Veil, ou encore le sciage de deux arbres plantés à la mémoire d'Ilan Halimi. Invitée de Nikos Aliagas sur Europe 1, mardi, Delphine Horvilleur, femme rabbin du Mouvement juif libéral de France, "rêve d'une réaction nationale" contre l'antisémitisme.

"De semaine en semaine, il y a des gens dans les rues aujourd’hui en France. Je rêve d’imaginer que samedi prochain, le thème de cette manifestation, les panneaux qu’on y verra, seront des panneaux qui, d’une certaine manière, diront 'not in my name', c’est-à-dire que des gens pourront dire 'pas en mon nom'", confie-t-elle.

"L’antisémitisme est toujours l’annonce d’une faillite générale." "Ça fait un moment que l'on tire la sonnette d'alerte et on a l'impression que ces chiffres ne cessent de croître. On se pose tous la question de jusqu’où on va aller comme ça ?", explique Delphine Horvilleur. Elle tient par ailleurs à prévenir que "quand on s’en prend aux juifs, c’est toujours un prélude d’une violence qui va s’abattre sur tout le monde. L’antisémitisme est toujours l’annonce d’une faillite générale".

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Et selon elle, l'antisémitisme "n'est pas le problème des juifs" mais "le problème d'une nation" : "On ne peut pas attendre simplement de la victime, qu'elle explique ce qu'elle va faire, comment elle va réagir ou comment elle se sent. C'est une problématique nationale qui nous concerne tous."

"On s'en prend aux morts." "Aujourd'hui, on s'en prend à l'image de Simone Veil, on s'en prend à l'arbre d'Ilan Halimi, on s'en prend aux morts. Et s'en prendre aux morts, c'est bien la démonstration que cela n'a rien à voir ce que les juifs feraient, ou font, ou ont, mais plutôt avec ce qu'ils sont ou ce qu'ils représentent dans l'esprit antisémite", déplore Delphine Horvilleur, qui affirme que l'antisémitisme "demande une vigilance particulière de chacun".