Agression mortelle d'un couturier chinois : deux jeunes condamnés à 10 et 4 ans de prison ferme

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L'agression avait ému l'ensemble de la communauté asiatique, à l'été 2016.
L'agression avait ému l'ensemble de la communauté asiatique, à l'été 2016. © AFP
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Âgé de 19 et 17 ans au moment des faits, les deux agresseurs d'un père de famille à Aubervilliers, en août 2016, ont été condamnés à 10 et 4 ans de prison.

Deux jeunes hommes ont été condamnés mardi à Bobigny à des peines de 10 et 4 ans de prison pour l'agression mortelle à caractère "raciste" en 2016 de Chaolin Zhang, un couturier chinois d'Aubervilliers.

Fort retentissement dans la communauté asiatique. La cour d'assises des mineurs de Seine-Saint-Denis a condamné à dix ans de réclusion le jeune, alors âgé de 19 ans, qui était poursuivi pour avoir porté le coup ayant entraîné la mort du couturier. Le deuxième accusé, âgé de 17 ans à l'époque, a été condamné à 5 ans de prison, dont 4 ans ferme. L'affaire avait eu un fort retentissement dans la communauté asiatique en France.

L'avocat général avait requis 15 ans contre le premier accusé, huit ans contre le second, qui a bénéficié de "l'excuse de minorité". Ils étaient jugés pour "vol avec violences ayant entraîné la mort" et, concernant un ami de la victime qui avait lui aussi été frappé, une "incapacité totale de travail (ITT) de moins de huit jours", avec la circonstance aggravante de "racisme".

"Préjugés racistes". Les avocats des parties civiles ont salué la décision de la cour de retenir cette circonstance aggravante. "C'est important pour les victimes et pour les autres victimes des faits du même genre", a déclaré après l'audience Vincent Fillola, l'un des avocats de la famille. "Ça va être un signal pour les personnes de la communauté chinoise et asiatique en général. L'institution judiciaire a entendu la violence qu'ils subissent au quotidien et prend la pleine mesure de cette violence, basée sur des préjugés racistes", a-t-il ajouté. De leur côté, les avocats des accusés, qui contestaient la circonstance aggravante de racisme, ont regretté une "mauvaise application de la loi".