Agression à la prison de Condé-sur-Sarthe : des surveillants bloquent l'entrée de plusieurs établissements

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Mercredi, la prison de Condé-sur-Sarthe était bloquée par une soixantaine de surveillants.
Mercredi, la prison de Condé-sur-Sarthe était bloquée par une soixantaine de surveillants. © AFP
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Répondant à un appel lancé mardi par des syndicats après l'agression de deux surveillants à la prison de Condé-sur-Sarthe, des agents bloquent mercredi l'entrée de plusieurs établissements pénitentiaires.

 

>>> Mise à jour : A 12h, mercredi, seulement deux établissements, celui de Condé-sur-Sarthe et celui de Rouen, étaient toujours bloqués par des surveillants pénitentiaires.

Des surveillants ont bloqué mercredi l'entrée de plusieurs établissements pénitentiaires. Ils ont répondu à un appel lancé mardi par des syndicats après l'agression de deux surveillants à la prison de Condé-sur-Sarthe. Mardi matin, deux surveillants ont été grièvement poignardés par un détenu radicalisé qui a été interpellé ensuite dans l'assaut du Raid au cours duquel sa compagne a été tuée.

La prison de Condé-sur-Sarthe bloquée. Mercredi, la prison de Condé-sur-Sarthe était bloquée par une soixantaine de surveillants. Devant l'établissement, les gardiens de prison ont allumé un feu, faisant brûler des pneus et des palettes. "Il y a 130 personnes devant, tout est bloqué et personne ne rentre, la police, le personnel de direction, seule une infirmière a pu entrer", a déclaré Emmanuel Guimaraes, délégué national FO, devant l'entrée de la prison de Condé. "C'est un mouvement illimité. L'émotion est très forte car ça faisait longtemps qu'on disait que ça allait arriver", a-t-il ajouté.

"On va revivre ce qui s'est passé l'année dernière", a promis Emmanuel Guimaraes, en allusion au très important mouvement social qui avait touché les prisons après l'agression de trois surveillants par un islamiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) en janvier 2018.

Des actions à Fleury-Mérogis, à Borgo. A Fleury-Mérogis (Essonne), environ 200 personnes étaient également rassemblées devant la prison la plus grande d'Europe, en réaction aux événements de Condé-sur-Sarthe, a-t-on appris de source syndicale. "Les collègues veulent aller bosser mais on ne les laisse pas, on ne les envoie pas dans un mouroir", a déclaré Thibault Capelle, délégué local FO-Pénitentiaire.

Dans les Hauts-de-France, six prisons étaient également "bloquées", selon des modalités différentes en fonction des établissements (service minimum, accès restreint au personnel médical, parloirs et unités de vie familiale bloqués, prises de poste retardées...), selon Julien Martin, représentant régional FO. Un procès à la cour d'assises de Laon (Aisne) ne pourra pas se tenir, l'extraction judiciaire d'un accusé ayant été empêchée par le personnel pénitentiaire, a rapporté la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille. 

En Corse, le mouvement est également suivi dans les trois prisons de l'île, comme à Borgo. "Le directeur est sorti avec la liste de ceux qui devaient travailler et les a sommés de rentrer, ce qu'ils ont fait", a indiqué Stéphane Canuti, responsable du syndicat FO pénitentiaire à Borgo. "Ce n'est plus possible, on veut éviter que quelqu'un se fasse tuer mais au gouvernement, ils s'en moquent", a-t-il regretté, annonçant que la mobilisation se poursuivrait jeudi, vendredi, "tous les jours".

23 établissements bloqués. Des débrayages ou des blocages des entrées de prison avaient également lieu devant la maison centrale Saint-Maur, en région parisienne, devant la maison d'arrêt de Nice, devant la prison des Baumettes à Marseille ou encore à Foix ou à Nantes. Au total, selon nos informations, 23 établissements, sur un total de 188 en France, étaient touchés mercredi matin par des blocages. 

Selon Yoan Karar, secrétaire général adjoint Force Ouvrière, majoritaire, "il y a à peu près 80% des établissements mobilisés". "Les revendications portent sur la sécurité et les salaires. Il faut une revalorisation salariale car la grosse problématique, c'est qu'on n'arrive pas à recruter. Le métier n'est pas attractif", a-t-il estimé. Dans certains établissements, comme en Nouvelle Aquitaine, les syndicats expliquaient la relative mobilisation par la retenue de 14 jours de salaires lors du mouvement de 2018.