En réaction à l'affaire Lyhanna, l'association Innocence en Danger réclame la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le traitement des affaires de criminalité sexuelle organisée en France. Elle dénonce des défaillances systémiques dans la protection des mineurs.
L'association Innocence en Danger a demandé "solennellement" la création d'une "commission d'enquête parlementaire" sur les conditions dans lesquelles les affaires de "criminalité sexuelle organisée à dimension transnationale" ont été conduites depuis dix ans en France, en réaction à l'affaire Lyhanna.
Les obsèques de cette collégienne de 11 ans doivent se dérouler vendredi dans la plus stricte intimité dans le Gers.
Gouvernement, institutions judiciaires et forces de l'ordre dans le collimateur
Depuis sa disparition le 29 mai, et la découverte de son corps le 4 juin, gouvernement, institutions judiciaires et forces de l'ordre sont dans le collimateur de la société civile, qui leur reprochent lenteurs, dysfonctionnements et défaillances dans la prise en compte de la parole des victimes.
Le principal suspect dans la mort de la jeune fille n'avait en effet jamais été interpellé ou même convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur mineurs.
Le Sénat a lancé cette semaine une commission d'enquête sur les dysfonctionnements de la justice et le pilotage de la politique pénale en France en réaction à cette affaire.
"Ces affaires ne sont pas isolées"
Mais ce que demande Innocence en danger est plus large, puisque cette commission d'enquête impliquerait aussi l'Assemblée nationale et engloberait le scandale du périscolaire parisien, dans lequel plus de 130 animateurs ont été suspendus depuis le début de l'année 2026 pour des suspicions de violences sexuelles sur des enfants.
"Ces affaires ne sont pas isolées : elles sont le symptôme d'un dysfonctionnement systémique que la France ne peut plus se permettre d'ignorer", soutient l'association, qui a adressé dès juillet 2019 deux signalements demandant l'ouverture d'une enquête sur le volet français de l'affaire Jeffrey Epstein.
Elle n'aurait pas pour objet "de se substituer à l'autorité judiciaire ni de se prononcer sur la culpabilité de qui que ce soit", mais viserait à "examiner le fonctionnement de l'État : ses délais, ses protocoles, ses arbitrages, la traçabilité de ses décisions".