Un ex-braqueur abattu en Corse

Image d'illustration. Un homme d'une quarantaine d'années connu des services de police a été tué par balles dans le Sud de la Corse vendredi en début de soirée, a annoncé le parquet d'Ajaccio.
Image d'illustration. Un homme d'une quarantaine d'années connu des services de police a été tué par balles dans le Sud de la Corse vendredi en début de soirée, a annoncé le parquet d'Ajaccio. © MaxPPP
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avec agences , modifié à
Il s'agit du troisième homicide en 2013 sur l'île de beauté. Le point sur l'enquête.

L'INFO. Un homme connu des services de police a été tué par balles, vendredi soir à Sainte-Lucie de Porto-Vecchio, en Corse du Sud. Un crime qui porte à trois le nombre des personnes tuées par armes à feu depuis de le début de l'année dans l'île.

L'enquête. Les circonstances de l'homicide restaient encore floues samedi matin. L'homme a été abattu peu avant 21h, à proximité d'un bar de cette station balnéaire. Le nombre des agresseurs et des balles tirées restaient également à déterminer. Plusieurs orifices ont été constatés sur le corps mais aucun à la tête, a indiqué une source judiciaire, selon laquelle une "arme de poing" aurait été utilisée. Les auditions des témoins de la scène devaient commencer samedi et l'autopsie avoir lieu au début de la semaine. L'enquête a été confiée conjointement à la section de recherche de la gendarmerie et à la police judiciaire.

Le profil de la victime. Anthony Galliot était bien connu des services de police. Né en 1974, l'homme avait été condamné à dix ans de réclusion criminelle en 2010 par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône dans l'affaire d'un vol de 668 kilos d'or en Suisse, en 2004. Le 25 janvier 2004, le siège de la société Metalor, à Marin (canton de Neuchâtel), spécialisée dans l'affinage de l'or destiné à la bijouterie, avait été attaquée à main armée. La justice reprochait à Anthony Galliot d'avoir acheminé le butin depuis la région lyonnaise, où il avait été dissimulé, en Corse. L'or n'avait pas été retrouvé. En 2010, l'homme avait comparu aux côtés de quatre autres personnes, liées au "milieu corse", parmi lesquelles Ange-Philippe Dominici, considéré comme le cerveau du casse. Il était ressorti libre du tribunal, compte tenu de la durée de sa détention provisoire. Anthony Galliot a porté pendant un temps un bracelet électronique, mais ne semblait plus le porter au moment des faits, a précisé samedi une source judiciaire. Selon une source judiciaire, il était "réputé proche de la bande de la Brise de mer", qui s'affronte dans des règlements de compte sanglants depuis 2008.

Troisième homicide de 2013. Cet homicide par balles est le troisième commis sur l'île depuis le début de l'année 2013. Il intervient après ceux d'un ouvrier agricole devant son domicile en Haute-Corse, le 24 février, et d'un gérant d'établissements de nuit, Dominique Laorenzi, abattu à Ajaccio alors qu'il circulait en voiture, le 12 février. L'île a en outre enregistré deux tentatives d'homicides depuis début janvier. Un nationaliste corse connu de la police a été légèrement blessé par balle le 6 février. Le 25 janvier, c'est le père d'un homme assassiné en septembre 2011 qui a échappé à une tentative, à Ponte-Leccia (Haute-Corse). Il avait été pris pour cible par un tueur à moto alors qu'il venait d'arrêter devant un café son 4x4, à bord duquel se trouvaient son épouse et leur petite fille âgée de 3 ans. Selon le ministère de l'Intérieur, à fin novembre 2012, la Corse avait connu, depuis 2008, 106 assassinats, dont 54 liés à la "mafia" insulaire. Vingt homicides ont été commis en Corse au cours de la seule année 2012, marquée par les assassinats du plus célèbre avocat de l'île, Antoine Sollacaro, et du président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Ajaccio, Jacques Nacer.