Barrage de Sivens : le chantier est suspendu

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avec AFP , modifié à
ON ARRÊTE TOUT - Après la mort du jeune manifestant Rémi Fraisse sur ce site contesté, le Conseil général du Tarn a décidé de suspendre les travaux du barrage de Sivens, vendredi matin. 

Sans parler d'abandon, le président socialiste du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, a annoncé prendre "acte de l'impossibilité de poursuivre" le chantier du barrage de Sivens, lors d'un discours prononcé vendredi au siège du département, à Albi. Cette décision intervient après la mort du jeune manifestant Rémi Fraisse, dans la nuit du samedi 25 octobre sur le site de ce barrage contesté.

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La durée de suspension pas précisée. "Le drame intervenu dans la nuit de samedi à dimanche conduit l'assemblée départementale à prendre acte de l'impossibilité de poursuivre toute activité liée au déroulement du chantier sur le site de Sivens", a déclaré Thierry Carcenac, sans préciser la durée de cette suspension.

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Une minute de silence observée. Une minute de silence avait été observée au sein de l'assemblée, en mémoire de Rémi Fraisse. Après avoir condamné "toutes les violences", Thierry Carcenac a ensuite fait part de sa consternation, face à "la violence qui se déchaîne contre le projet de barrage", rapporte un journaliste de Sud-Ouest, présent sur place.

Le projet n'est pas enterré. Contrairement à ce qui avait été prévu, aucun débat ni vote n'ont eu lieu au conseil général, la suspension ayant visiblement été entérinée avant. Le président du Conseil général avait précisé, avant de faire connaître sa décision, que le projet ne serait pas abandonné de manière définitive. Il s'était dit prêt à l'amender selon les recommandations d'experts, mandatés par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal. Ces ingénieurs avaient notamment recommandé de réduire le volume d'eau destiné à l'irrigation, afin de minimiser l'impact environnemental.

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"On nous fait passer pour des salauds". Faisant référence à ces recommandations, M. Carcenac a "demandé à l'État de les étudier et d'en assumer toutes les conséquences", appelant "solennellement à l'apaisement". "Depuis une semaine, on nous fait passer pour des salauds, des assassins et maintenant, on a l'impression d'être les invités d'un dîner de cons, parce qu'on voulait faire croire que la décision était à prendre par le département, alors qu'elle est au niveau de l'État", a déclaré Pierre Verdier, conseiller général divers gauche.

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Les opposants présents à Albi. Avant les débats, 200 opposants au barrage s'étaient réunis devant le Conseil général, dans le calme. Dans leurs mains, des pancartes au slogan explicite : "Non au barrage de Sivens, oui au moratoire, oui au débat public". Dans le même temps, des acteurs de Midi-Pyrénées et d'Aquitaine, notamment les chambres d'agriculture, de commerce et d'industrie ont appelé au maintien du projet, dans un communiqué commun.

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