Fin du procès Preynat : "Il y a une nécessité d’enfermer cette personne", juge l'une des victimes

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Les réquisitions de la procureure - 8 ans de prison minimum - satisfont les parties civiles. © PHILIPPE DESMAZES / AFP
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Un minimum de huit ans de prison : c’est la peine réclamée par la procureure de la République hier à l’encontre de l'ancien prêtre Bernard Preynat, pour les multiples agressions sexuelles commises sur de jeunes garçons pendant deux décennies. Un réquisitoire qui satisfait déjà certaines victimes.
RÉACTION

Le procès de l'ex-père Bernard Preynat a pris fin hier. La procureure de la République a requis 8 ans de prison minimum à l’encontre de l'ancien prêtre, accusé de multiples agressions sexuelles commises sur de jeunes garçons entre 1971 et 1991. Le tribunal va se prononcer le 16 mars, mais des victimes sont déjà satisfaites.

"Lancer un message fort"

Il reste pourtant deux mois à attendre pour les victimes avant l’annonce du verdict. Mais les réquisitions de la procureure sont un premier point positif pour les parties civiles comme Stéphane Hoarau, victime du prêtre à l’âge de sept ans. "Si elle peut permettre de lancer un message fort sur ce genre de prédateur, autant qu’elle soit la plus forte", estime-t-il. "Il faut que ce soit dissuasif".

"La peine maximum c’est dix ans, donc huit ans ça me paraît cohérent", ajoute Pierre-Emmanuel Germain-Thil, une autre victime de Preynat, félicitant au passage "la procureure pour ses réquisitions et tout ce qu’elle a pu dire, elle a bien fait son boulot". Pour lui, "il y a une nécessité d’enfermer cette personne. Il doit être puni et je pense qu'il reste quand même dangereux."

"Un poids qui se libère"

Les victimes ont surtout pu faire face à leur agresseur, cet homme décrit comme si puissant au sien de l’église dans les années 80/90. Une libération pour beaucoup d'entre eux. "De se retrouver à nouveau face à lui, à la barre du tribunal, et de pouvoir vraiment tout finir de dire, c’est un poids qui se libère. On est face à la personne qui pour beaucoup d’entre nous a brisé beaucoup de choses dans notre enfance et notre développement personnel", rappelle Pierre-Emmanuel Germain-Thil. 

Il espère aussi que l'ancien prêtre ne fera pas appel du verdict. "Comme je lui ai dit à la barre, mardi, s'il reconnait qu’il entend notre souffrance - dont il est coupable, c’était ses mots, j’espère qu’il ne fera pas appel. Cela permettrait aux victimes de vraiment tourner la page." Le tribunal correctionnel rendra sa décision le 16 mars prochain.

Europe 1
Par Jean-Luc Boujon, édité par Séverine Mermilliod