15% des cigarettes fumées dans l'illégalité

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avec Mathieu Charrier , modifié à
Pour les fabricants, c'est la conséquence de la hausse des prix dans les points de vente légaux.

10 milliards de cigarettes "frelatées". En France, une cigarette sur six est issue de la contrebande et de la contrefaçon, échappant au réseau officiel des buralistes, selon une étude du cabinet KPMG pour Philip Morris publiée mardi. D'autres études réalisées par des fabricants, mais aussi une étude des Douanes, aboutissent à la même proportion.

Le phénomène des cigarettes "sans marque"

Au-delà des paquets de marques les plus connues qui sont acheminés clandestinement en France, déjouant la surveillance des douanes et les taxes imposées par l'Etat, un nouveau phénomène de contrefaçon se développe : les "illicits white" ou "marques blanches". Ces cigarettes revendues sous le manteau ne portent aucune marque célèbre. Elles sont fabriquées dans des usines clandestines, en Chine, mais aussi en Pologne ou en Belgique. Leur prix est imbattable : 3 euros le paquet. Le danger pour les consommateurs est maximal : certaines contiennent des résidus de plastique ou de sciure.

Pour les fabricants, ce marché illégal se développe d'autant plus que les prix augmentent. Et la tendance ne devrait pas s'inverser : le gouvernement a annoncé une prochaine hausse de 6% du prix du tabac à l'automne, faisant passer tous les paquets vendus en France à 6 euros au moins.

Un manque à gagner pour l'Etat

Et les conséquences de ces ventes illégales de cigarettes sont lourdes, tant pour les industriels que pour l'ensemble de la société, argumentent les géants du tabac. Ces trafics "contrecarrent les objectifs de santé publique" car ils permettent d'acheter des cigarettes à moitié prix, "trompent les consommateurs", surtout avec les cigarettes de contrefaçon, et sont "une source de revenu pour le crime organisé", a énuméré Renaud Gaillard, directeur des affaires publiques de la filiale française de Philip Morris International.

Les fabricants de cigarettes pointent aussi du doigt le fait que c'est "un manque à gagner fiscal" pour l'Etat, un argument de poids en période de crise. Le manque à gagner lié à ce phénomène de vente illégale est estimé à 2,5 milliards d'euros. Reste que le tabac provoque chaque année en France 73.000 décès, dont la moitié par cancer.