14 morts dans un incendie dans un bar à Rouen : renvoi devant un tribunal

  • A
  • A
L'incendie s'était déclenché dans la nuit du 5 au 6 août 2016 alors qu'une vingtaine de personnes s'étaient réunies au sous-sol.
L'incendie s'était déclenché dans la nuit du 5 au 6 août 2016 alors qu'une vingtaine de personnes s'étaient réunies au sous-sol. © AFP
Partagez sur :
Des frères de 47 et 39 ans, gérant et propriétaire du bar "Cuba Libre" à Rouen, ont été renvoyés devant un tribunal correctionnel. En 2016, 14 jeunes avaient trouvé la mort dans un incendie survenu dans le sous-sol du bar.

Le gérant et le propriétaire du bar Cuba Libre" à Rouen, où 14 jeunes avaient trouvé la mort dans un incendie en 2016, sont renvoyés devant un tribunal correctionnel, a-t-on appris mardi auprès du parquet. Ces deux hommes, des frères de 47 et 39 ans, sont poursuivis pour "homicides et blessures involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence", a précisé Fabien Picchiottino, avocat de plusieurs parties civiles. La plupart des victimes avaient entre 18 et 25 ans. La plus âgée avait 41 ans.

L'unique porte de secours du sous-sol verrouillée. Il est également reproché aux responsables du bar d'avoir "involontairement causé une incapacité totale de travail inférieure à trois mois" à cinq autres personnes par la même violation. Principales erreurs des deux hommes : ils ont laissé verrouillée l'unique porte de secours du sous-sol où se trouvaient les victimes et ils ont fait aménager sans autorisation cette cave avec des plaques insonorisantes en mousse polyuréthane, hautement inflammable, "inadaptées dans ce type d'établissement". Les murs et les plafonds du sous-sol en étaient recouverts.

Un sous-sol aménagé sans autorisation en boite de nuit. L'incendie s'était déclenché dans la nuit du 5 au 6 août 2016 alors qu'une vingtaine de personnes s'étaient réunies au sous-sol aménagé sans autorisation en boite de nuit pour fêter les 20 ans d'une jeune fille qui fera partie des victimes.

Produisant des étincelles, les flammèches de la bougie d'anniversaire de type "feu de Bengale" avaient touché le plafond d'un escalier très raide et étroit menant à la cave du bar, provoquant un embrasement. Des fumées toxiques s'étaient répandues instantanément dans le sous-sol de ce petit bar très fréquenté de la rive gauche de Rouen, non loin de la Seine. Treize personnes sont mortes asphyxiées dans le bar. Une quatorzième, hospitalisée à Paris, a succombé quelques jours après le drame. De source judiciaire, le propriétaire a durant l'enquête reconnu sa responsabilité en tant qu'auteur des travaux.

Une dizaine de bars fermés à Rouen. Deux mois après le drame, la ville de Rouen avait décidé la fermeture totale ou partielle d'une dizaine de bars musicaux pour non-respect alarmant des normes de sécurité les plus élémentaires.
Le ministre de l'Intérieur d'alors Bernard Cazeneuve avait prôné, en octobre 2016 à l'Assemblée Nationale, davantage de contrôles de sécurité dans ces bars de 5e catégorie, au nombre de 200.000 en France.