La hausse des prix des carburants s'accompagne d'une hausse des vols. Des agriculteurs se retrouvent victimes de vols de carburant. Particulièrement vulnérables, certains stockent plusieurs milliers de litres de gazole non routier sur leurs exploitations.
Un butin qui attire les convoitises. Avec l'explosion des prix du gasoil et la montée de l'ultra-violence, les vols de carburants n'ont pas tardé. Les plus vulnérables, comme les agriculteurs, tentent de protéger leurs stocks par tous les moyens.
"Ils sont allés directement à la cuve et ils ont ouvert les vannes"
Notamment cet exploitant basé à Longages, en Haute-Garonne, qui en a fait les frais. Avec ses 200 hectares de terre, Luc Mesbah consomme 14.000 litres de carburant chaque année. Et ce qui devait arriver est donc arrivé.
"Comment vous volez 1.000 litres en une nuit ? 1.000 litres, regardez les sommes que ça fait. Ils sont allés directement à la cuve et ils ont ouvert les vannes", a-t-il expliqué avec émotion. "Ils ont pris des bidons et ils pompent automatiquement. Et ils dérobent ça en l'affaire de 5 minutes."
Depuis cet épisode, l'agriculteur rentre systématiquement tous ses engins fonctionnant au gasoil dans un hangar. "Les moissonneuses ont des réservoirs de 1.000 litres. Si les bouchons sont fermés, ils percent les réservoirs par-dessous avec une perceuse électrique, donc il faut changer tout le réservoir", a-t-il poursuivi au micro d'Europe 1.
"Je n'ai pas envie d'aller me prendre un coup de fusil comme ça"
"C'est arrivé à des voisins, donc j'essaie de mettre le matériel qui est sensible dans des endroits sécurisés, avec des caméras, et je surveille quasiment tous les soirs. C'était des choses qu'on ne voyait jamais. Le monde a changé, ça devient ingérable."
Un monde qui a changé, avec une ultra-violence qui peut entraîner des drames, même pour quelques litres de gasoil. Luc Mesbah ne va donc pas tenter le diable.
"Je fais confiance aux servicex de la gendarmerie, puis je n'ai pas envie d'aller me prendre un coup de fusil comme ça", affirme-t-il. Surtout qu'ici, le contexte est déjà très tendu. En plus de ces vols de carburant, il faut aussi composer avec les vols de GPS agricoles. Des outils à plus de 20 000 euros.