Le biomimétisme, inspiration d'hier et d’aujourd’hui pour l'être humain, doit faire sa mue écologique

  • A
  • A
Partagez sur :
Pour notre chroniqueur Jean-Pierre Montanay, le biomimétisme, qui consiste à s’inspirer de la nature pour développer de nouvelles technologies, n’est pas nécessairement un gage de respect de l’environnement. Contrairement à ce que certaines grandes marques voudraient nous faire croire. 

>> Pour notre chroniqueur Jean-Pierre Montanay, le biomimétisme, de plus en plus vogue au sein des sciences technologiques, est aussi devenu prétexte pour vendre au consommateur des innovations prétendument écologiques.

"Au cœur d’un exposition événement au Louvre, Léonard de Vinci fut l’un des pionniers du 'biomimétisme', qui consiste à s’inspirer de la nature pour créer du progrès technique. Pour dessiner ses machines futuristes, hydrauliques ou volantes, le jeune Léonard de Vinci, autodidacte, a passé des heures a regardé les rivières couler ou les yeux levés vers le ciel, pour comprendre comment volent les oiseaux. Il y a plus de 500 ans, l’auteur de la Joconde est l’un des premiers à théoriser le biomimétisme. Sa devise : 'Apprenez de la nature, vous y trouverez votre futur.'

Pour ce génie de la Renaissance, la nature est un réservoir inépuisable d’innovations. L’histoire du progrès technique lui a largement donné raison. Les ailes d’un avion ? Inspirées par celles d’un rapace. Une ventouse ? Copiée sur celle du poulpe. Des combinaisons de plongée imitent la fourrure d’un castor, la coquille d’une huître a permis d’inventer une montre parfaitement étanche, les Japonais ont copié le bec du martin-pêcheur pour rendre plus aérodynamique leur TGV. Mais l’homme n’a pas seulement copié le génie de la nature, il l’a aussi pillée, essorée.

Copier la nature pour mieux la respecter

Demain, le biomimétisme devra accomplir sa révolution, c’est-a-dire devenir un biomimétisme durable. Au Zimbabwe, après avoir observé l’ingénieux système de ventilation d’une termitière, un architecte a conçu un centre d’affaires moderne sans climatisation, donc sans émission. Les poissons n’ont pas d’hélice pour se déplacer, alors une start-up française fabrique des bateaux à propulsion ondulatoire inspirée par les nageoires. Ce système sans remous ne perturbe pas les fonds marins.

Inspirons-nous des processus naturels au service d’un progrès qui ne soit pas seulement technologique mais aussi éthique, pour ainsi développer une économie zéro carbone dans laquelle l’homme respecte la biodiversité. Seulement, après le green washing, le biomimétisme est également devenu le nouveau filon des grandes marques. Attention donc à l’effet de mode, éphémère, au label marketing, ronflant et fourre-tout, dont le seul objectif est de nous vendre des innovations écolos bidons."

Europe 1
Par Jean-Pierre Montanay

Les + lus