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Des méduses contraignent EDF à arrêter trois réacteurs de la centrale de Gravelines

Cet incident intervient dans un contexte déjà difficile pour le parc nucléaire français. [© Sameer AL-DOUMY / AFP]

Un afflux massif de méduses a contraint EDF à arrêter trois réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) et à réduire la puissance d'un quatrième. Le phénomène, déjà observé l'été dernier, perturbe une nouvelle fois la plus grande centrale nucléaire d'Europe occidentale.

Un afflux massif de méduses dans les stations de pompage d'eau de mer de la centrale nucléaire de Gravelines (Nord) a contraint EDF à arrêter trois réacteurs, a annoncé le groupe.

Les réacteurs n°2, 3 et 4 ont été arrêtés. La puissance du réacteur n°1 a également été réduite à 50%. Seul le réacteur n°6 fonctionne actuellement à pleine puissance, tandis que le n°5 est à l’arrêt dans le cadre d’une opération de maintenance programmée.

Aucun risque pour la sûreté des installations

EDF assure que cet incident "n'entraîne aucune conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou sur l'environnement".

Située dans le Nord, au bord de la mer du Nord, Gravelines est la plus grande centrale nucléaire d'Europe occidentale. Elle avait déjà été confrontée à un afflux important de méduses il y a exactement un an.

À l'époque, quatre réacteurs avaient été automatiquement arrêtés en raison de l'obstruction des prises d'eau de mer. Leur redémarrage avait ensuite été progressif. Le dernier n'avait été reconnecté au réseau électrique national qu'une dizaine de jours plus tard.

Des bancs de méduses de plus en plus fréquents

La présence de méduses sur le littoral du nord de la France est un phénomène régulier et saisonnier. Mais l'apparition de grands bancs dans cette zone chaque été semble devenir plus fréquente, selon un expert interrogé par l'AFP l'an dernier.

Plusieurs facteurs peuvent favoriser la prolifération des méduses à travers le monde, notamment la hausse de la température des océans liée au réchauffement climatique.

Le nucléaire français déjà fragilisé par les fortes chaleurs

Cet incident intervient dans un contexte déjà difficile pour le parc nucléaire français. Celui-ci a atteint dimanche un record d'indisponibilités liées à la sécheresse et à la canicule.

Selon des calculs de l'AFP réalisés à partir des données publiées par EDF depuis 2015, 15,6% de la puissance nucléaire française était alors indisponible en raison des fortes chaleurs.

La hausse de la température des cours d'eau et la baisse de leur débit compliquent le fonctionnement de certaines centrales, qui utilisent l'eau pour leurs systèmes de refroidissement.

En d'autres termes, jamais autant de puissance nucléaire électrique n'avait manqué en France en raison des conditions météorologiques liées aux fortes chaleurs.