VIH : faut-il s'inquiéter de l'augmentation des contaminations en Savoie ?

Une vingtaine de contaminations au VIH ont été détectées cette année rien qu'en Savoie. Une augmentation des cas qui inquiète les autorités sanitaires locales. Ces dernières appellent les habitants de la zone à se faire dépister en cas de rapport sexuel à risque.
Près de 14 cas recensés en seulement sept mois. En Savoie, les autorités de santé assistent à une multiplication des cas de contamination au VIH dans le département. Au total, depuis le début de l'année 2024, près d'une vingtaine de personnes ont été infectées par le virus.
Alors que, pendant la période de covid-19, seulement trois à quatre cas étaient détectés par an, depuis 2023, ce chiffre a été multiplié par cinq. Invité de France Bleu Savoie, l'infectiologue Olivier Rogeaux s'inquiète de la progression du virus dans sa région.
Des profils différents des populations normalement les plus exposées
"C'est inquiétant" de voir les cas détectés augmentés, commente-t-il, assurant qu'il est temps de "tirer un signal d'alarme". D'autant que le profil des personnes touchées est différent de celui du public généralement concerné par le VIH. Les patients sont "à 83% des hommes", qui ont été contaminés "sur un mode de relation hétérosexuelle", et n'ont "aucun lien avec une origine étrangère".
Selon le médecin, il s'agit d'adulte "âgés de 20 à 70 ans, ayant plusieurs partenaires sexuels". D'autant qu'une même souche virale a été identifiée chez plusieurs patients, favorisant un peu plus l'idée d'une contamination à partir d'une même personne. "Des investigations sont en cours", précise l'Agence Régionale de Santé.
Ne pas hésiter à se faire dépister
En attendant, les autorités sanitaires rappellent l'importance de se protéger lors d'un rapport sexuel, via un préservatif, ou encore de prendre un traitement dit de pré-exposition, appelé PreP, qui permet de ne pas être contaminé.
En cas de relations à risque, les personnes sont invitées à se faire dépister le plus vite possible. "La maladie étant silencieuse, il faut se faire dépister, car dans 60% des cas, la maladie est asymptomatique et les symptômes arrivent bien plus tardivement", conclut Olivier Rogeaux. Le dépistage est 100% remboursé par la Sécurité sociale et est anonyme.