Pourquoi le gouvernement renonce au mois sans alcool, le "Dry January"

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© LOIC VENANCE / AFP
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Le gouvernement va renoncer au mois sans alcool en janvier. Selon la Fédération addiction, le ministère de la Santé ne portera pas la campagne Dry January que s’apprêtait à lancer Santé Publique France. Sa présidente dénonce une énième reculade en faveur "des intérêts économiques" d'une filière qui se félicite de cette décision. 

Il n'y aura pas de mois sans alcool en janvier prochain. Selon la Fédération addiction, le gouvernement préfère renoncer à ce "Dry January", un "janvier sec" basé sur le modèle britannique. Santé Publique France était pourtant prêt à annoncer le lancement de ce mois de mobilisation autour de la consommation d'alcool. Mais l'arbitrage rendu confirme ce que disait Emmanuel Macron lors d'un déjeuner avec les producteurs de champagne. Le président de la République avait alors affirmé son opposition à cette campagne. 

Une énième reculade

"Les arbitrages ont penché du côté des intérêts économiques d'une filière particulière", estime Nathalie Latour. La présidente de la Fédération addiction dénonce une énième reculade face au lobby de l'alcool, alors que "les dégâts que causent l'alcool sur le long terme sont aussi à prendre en compte dans les finances publiques". Mais elle regrette surtout que la campagne que préparait Santé publique France n'ait pas été comprise. "On a l'impression qu'il n'y allait plus du tout y avoir d'alcool en France, alors que le propos n'était absolument pas celui-ci", explique Nathalie Latour.

Promotion de la modération

A l'inverse, Maxime Toubart se félicite de cette décision. "Ce ne sont pas les intérêts économiques" qui prévalent, se défend même le Président du syndicat général des vignerons de la Champagne. "Ce serait une faute lourde de ne pas considérer qu'il y a un vrai problème d'abus d'alcool chez certains consommateurs", reconnait même le producteur, qui défend un autre modèle de prévention. "On est plutôt sur une promotion de la modération, de la consommation responsable", explique Maxime Toubart pour qui cette démarche apparaît "beaucoup plus adaptée aujourd'hui". 

Europe 1
Par Cédric Chasseur avec Pauline Jacot