LA QUESTION SEXO - Comment pimenter sa vie sexuelle avec un conjoint à la sexualité "classique" ?

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Benjamin se demande comment il pourrait pimenter sa vie sexuelle avec son conjoint. Photo d'illustration.
Benjamin se demande comment il pourrait pimenter sa vie sexuelle avec son conjoint. Photo d'illustration. © AFP
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Mardi, dans l'émission "Sans Rendez-Vous", sur Europe 1, la sexologue Catherine Blanc répond à un auditeur qui s'inquiète de la différence entre son comportement libéré au lit et celui de son conjoint, plus "classique".
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Les fessées, les mots crus, les accessoires, les positions extravagantes… Le point commun de ces éléments ? Ils peuvent parfois être apprécié d'un membre du couple quand l'autre ne les appréciera pas vraiment, voire ne voudra même pas en entendre parler. Être très libéré ou être classique, telle est la question qu'il faudrait résoudre pour avoir un tandem heureux au lit ? Au micro de Mélanie Gomez, dans Sans Rendez-vous, sur Europe 1, la sexologue Catherine Blanc concède qu'il est "délicat" de se libérer dans ses fantasmes au sein du couple.

La question de Benjamin

"J'ai rencontré mon compagnon il y a quelques mois, tout est parfait, je suis amoureux, le seul bémol, c'est ce qu'il se passe au lit : je le trouve très classique alors que j'aime les mots crus et les fessées, par exemple. Que dois-je faire ?"

La réponse de Catherine Blanc

Dans les premiers mois d'une relation, on n'ose pas trop se libérer parce que on ne sait pas très bien comment l'autre nous considère et comment il nous aimera ou nous considérera si on commence à révéler des choses plus intimes de soi ou plus décalées. Évidemment, c'est toujours délicat mais c'est aussi délicat quand les couples sont plus anciens, parce que plus le temps dure, plus on pourrait libérer la parole mais plus on libère la parole et plus l'autre est en droit de se demander pourquoi ces désirs émergent. A-t-il ou a-t-elle rencontré quelqu'un ? C'est toujours délicat de parler de son intimité.

Comment faire pour pimenter un peu sa relation sexuelle ?

Ce n'est pas être coincé que de ne pas participer aux mêmes fantasmes que l'autre. Les deux sont peut-être dans la difficulté de se révéler : il y a celui qui nous la question, il nous livre sa fantasmatique quand l'autre n'est peut-être que dans l'idée qu'il se fait de ce qu'il doit être, donc c'est toujours toujours difficile de savoir ce qui est dans la tête des uns et des autres.

La fessée et les mots crus sont deux choses qui peuvent s'apparenter ou pas du tout. Dans un cas, les mots crus servent à raconter une sorte d'agressivité, de liberté de cette agressivité, de ce hors-la-loi, en mettant des mots qui sont non-amoureux et en voyant que l'attachement se fait envers et contre tout.

Pour la fessée, dans l'imaginaire de chacun, ce peut-être la punition mais c'est peut-être aussi une façon plus animale. Une fessée peut être envisagée comme violente. C'est selon le passif de chacun : quelqu'un qui a été frappé ne va pas envisager la fessée de la même façon. D'ailleurs, il peut justement intégrer dans la sexualité la fessée parce que ça participe du rapport à l'autre initial, ou au contraire fuir comme la peste un tel acte parce que ce serait quelque chose d'extrêmement humiliant.

Pourquoi la fessée plait-elle, justement ?

Je crois qu'il y a quelque chose du plaisir de faire rebondir la main sur le plus gros muscle du corps, il y a un bruit particulier et une idée d'emballement comme on si on tapait sur la croupe d'un d'un cheval qui partirait au galop. Il y a un imaginaire animal, mais pas seulement : avec les enfants, on aime bien tapoter leurs couches. On aime bien l'idée de cette gentille position dominante et de cette liberté offerte à l'autre. Certaines personnes aiment justement la recevoir parce que c'est une sorte d'invitation à l'emballement et d'autres au contraire surtout pas parce que une fessée serait au contraire une punition ou une soumission.

Europe 1
Par Catherine Blanc