Interdiction des cigarettes mentholées : "Le tabac entre plus profondément dans les poumons"

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L'interdiction des cigarettes mentholées était devenue depuis 2014 un serpent de mer de la lutte contre le tabagisme. 1:09
L'interdiction des cigarettes mentholées était devenue depuis 2014 un serpent de mer de la lutte contre le tabagisme. © FRED TANNEAU / AFP
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La vente des cigarettes mentholées est interdite dans toute l'Europe à partir du 20 mai. Pour le pneumologue Bertrand Dautzenberg, elles poussaient de manière insidieuse les plus jeunes à augmenter leur consommation en atténuant de manière illusoire les effets irritants du tabac.
INTERVIEW

Le tabac mentholé est interdit à la vente dans toute l'Europe à partir de ce mercredi. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les professionnels de santé et les associations, qui dénonçaient les risques de ces cigarettes créées dans les années 1970-1980 pour séduire un public plus jeune et plus féminin. Car ces cigarettes, qui laissent dans la bouche des fumeurs un goût frais de menthe, sont tout aussi dangereuses.

"L’interdiction actuelle est l’aboutissement d’une démarche entamée en 2014. L’industrie du tabac a mis des milliers de lobbyistes pour que cette interdiction survienne avant. Elle a réussi à obtenir de nombreux délais", rappelle au micro d’Europe 1 Bertrand Dautzenberg, pneumologue et tabacologue à l'institut Arthur Vernes à Paris.

Des cigarettes plus dangereuses

"Le menthol est un ingrédient important pour faire prendre du tabac aux jeunes, en leur irritant moins la gorge et en les faisant moins tousser", relève-t-il. "Mais c’est quelque chose qui fait que le tabac entre plus profondément dans les poumons, sans cette irritation de la gorge qui sert de signal."

Pour ce spécialiste, les cigarettes mentholées favorisent donc une augmentation dangereuse de la consommation de tabac. "Cela pousse les fumeurs à prendre des doses plus importantes. […] Le menthol fait croire à l’organisme que la cigarette est un produit doux. C’est une tromperie. C’est une très bonne chose que cela s’arrête enfin."

Europe 1
Par Matthieu Bock, édité par Romain David