Plusieurs semaines après l'adoption par le Parlement du texte ouvrant le droit à une aide à mourir en France, la Haute Autorité de Santé dévoile le protocole à suivre pour la pratiquer. Une marche à suivre qui met particulièrement mal à l'aise les soignants.
Plus d'un mois après l'adoption du texte ouvrant le droit à une aide à mourir en France, le journal La Croix dévoile un document de la Haute Autorité de Santé détaillant les procédures médicales envisagées du suicide assisté.
Dans ce document de travail, la Haute Autorité de santé détaille les substances utilisées pour le suicide assisté. Elles peuvent être administrées par voie orale ou par injection. Mais la HAS précise que le cocktail létal, au goût amer, peut provoquer des vomissements et compliquer le processus. Le soignant présent pourrait alors devoir injecter un autre produit létal.
"On demande en fait aux soignants d'euthanasier les patients, un acte qui n'est certainement pas sans conséquences. Dans ces circonstances, on parle tout à fait d'une euthanasie. Or, faire mourir quelqu'un, ce n'est pas si simple", insiste au micro d'Europe 1 Ségolène Perruchio, présidente de la Société française de soins palliatifs.
"Nous ne sommes pas les spécialistes de l'aide à mourir"
Le médecin craint par ailleurs que le suicide assisté soit pratiqué dans des établissements qui accompagnent les personnes en fin de vie. "Nous ne sommes pas les spécialistes de l'aide à mourir. Nous sommes les spécialistes de l'accompagnement palliatif, parmi lesquels il peut y avoir un souhait de hâter la mort. Mais notre métier à nous n'est pas de valider ce souhait. L'aide à mourir n'est pas un soin palliatif", insiste-t-elle.
Segolène Perruchio espère que la clause de conscience, qui autorise les professionnels à refuser de pratiquer le geste létal, sera respectée dans les établissements de santé.