Alors que les députés doivent se prononcer sur la fin de vie, le documentaire "Anesthesia" sort au cinéma ce mercredi. Son réalisateur, Damien Boyer, donne la parole à des familles, des médecins et des militants dans plusieurs pays où l’euthanasie ou le suicide assisté sont déjà légalisés.
Alors que les députés s’apprêtent à trancher sur la fin de vie, le débat s’invite aussi dans les salles de cinéma. Le documentaire "Anesthesia", réalisé par Damien Boyer, sort ce mercredi. Dans ce film, le réalisateur s’intéresse aux pays qui ont déjà légalisé l’euthanasie ou le suicide assisté, comme la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique ou encore le Canada.
Le documentaire s’ouvre avec l’histoire de l’actrice Maya Simon, qui a décidé de mourir en Suisse par suicide assisté après une récidive de cancer. L’un de ses amis, qui l’a accompagnée dans ses derniers instants, témoigne de la violence de cette expérience. "Personne n’est prêt à voir quelqu’un se suicider devant soi. C’est faux. Le choc après, c’est une autre histoire. Et on est seul avec ça", confie-t-il.
Dans "Anesthesia", Damien Boyer donne la parole à des familles, à des médecins, mais aussi à des personnes qui militent pour la vie jusqu’à la fin. À travers ces témoignages, le réalisateur veut interroger les conséquences possibles d’une légalisation de l’aide active à mourir. Le film s’appuie notamment sur l’exemple de pays où ces pratiques sont déjà autorisées.
"Attention, si on commence, on ne pourra pas s’arrêter"
Au Canada, l’évolution du nombre de cas inquiète certains intervenants interrogés. "Lorsque ça a été légalisé, on croyait que ça serait environ 100 cas par année. Mais ce n’est pas 100 cas par année, c’est 6.000 par année", peut-on entendre dans le documentaire. Damien Boyer veut ainsi alerter sur un risque d’élargissement progressif des critères.
"Attention, si on commence, on ne pourra pas s’arrêter. On ne pourra pas s’arrêter à l’extrême douleur, aux cas les pires. On va devoir élargir. Est-ce que c’est vraiment ça qu’on veut comme société ?", interroge-t-il. Le réalisateur invite les députés et les responsables politiques à regarder ce documentaire avant de se prononcer.
Le film montre également des services de soins palliatifs, où des patients expriment leur volonté de vivre jusqu’au bout.