Coronavirus : pourquoi l'épidémie ne touche pas tous les pays de la même façon

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L'épidémie a passé la barre des 100.000 personnes contaminées touchant au total 92 pays. 2:27
L'épidémie a passé la barre des 100.000 personnes contaminées touchant au total 92 pays. © AFP
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Invitée d'Europe 1, Marie-Paule Kieny directrice de recherche à l'Insem et spécialiste de virologie, revient sur la façon dont la communauté internationale tente d'endiguer l'épidémie, soulignant la grande solidarité qui est à l'oeuvre entre les pays touchés. 
INTERVIEW

La propagation du coronavirus ne cesse de s'accélérer. L'épidémie a désormais passé la barre des 100.000 personnes contaminées dans 92 pays. Au total, 3.500 ont perdu la vie. Un bilan qui s'alourdit un peu plus chaque jour poussant l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à qualifier de "très préoccupante" cette épidémie qui frappe le monde entier depuis quatre mois. 

Un phénomène mondial, face auquel les réponses sont multiples comme le souligne Marie-Paule Kieny directrice de recherche à l'Insem, spécialiste de virologie, et ancienne sous-directrice générale de l'OMS. Selon elle, les mesures prises pour lutter contre le coronavirus "doivent être adaptées à la condition locale qui n’est pas la même dans tous les pays".

"Un pays, où l'infection commence juste dans certains endroits, peut essayer aussi de mettre tout le monde en quarantaine pour tenter d'empêcher la progression pendant plus longtemps. Mais des pays qui ont déjà une transmission très importante dans la communauté vont essayer de mettre l'emphase sur le traitement des patients", explique-t-elle, précisant être particulièrement inquiète pour l'Iran qui, "à cause des sanctions internationales à beaucoup de mal à se doter de mesures médicales dont elle aurait besoin".

Ainsi que pour l'Italie, car "le nombre de cas explose aussi, ce qu'on ne comprend pas trop et la mortalité semble être importante". Marie-Paule Kieny insiste également sur la "réaction extrêmement vigoureuse de la Chine qui "a donné au monde entier quelques semaines pour pouvoir s'adapter et mettre son système de santé au diapason du risque".

Il faut "pousser la recherche et le développement"

Selon elle, "il faut être humble et ne pas se dire si ça va mieux chez nous, c'est parce qu'on a une meilleure façon de réagir". Mais surtout, l'une des priorités est de "pousser la recherche et le développement", insiste-t-elle, précisant que beaucoup d'essais cliniques sont actuellement menés en Chine, en partenariat avec la France. L'objectif est de "tester des molécules qui existent déjà parce que la disponibilité d'un médicament, même imparfait, pourrait grandement aider à la réponse au coronavirus", assure la directrice de recherche. 

Elle se félicite d'ailleurs de "la solidarité" qui s'est développé entre les pays : "Une des caractéristiques de cette épidémie, c'est que les scientifiques ont, depuis le début et en commençant par la Chine, partagé toutes leurs données avec la communauté internationale. Il faut continuer cela et surtout ne pas jeter le blâme les uns sur les autres. Ce sont des attitudes irresponsables qui freinent l'efficacité de la réponse", conclut-elle. 

 

 

Europe 1
Par Coline Vazquez