Plus de 10.000 personnes ont participé à la première enquête nationale de l'association StopVOG sur le consentement gynécologique. Publié le 16 juillet, le rapport met en évidence des examens réalisés sans consentement libre et éclairé, des douleurs souvent minimisées et des conséquences durables sur le parcours de soins.
La consultation gynécologique reste, pour de nombreuses patientes, une source d'appréhension. C'est le principal constat de l'enquête menée par l'association StopVOG (Violences Obstétricales et Gynécologiques) auprès de 10.152 personnes entre juillet et décembre 2025 sur tout le territoire. Selon le rapport, plus de huit répondantes sur dix déclarent avoir vécu au moins une atteinte à leur consentement lors d'un examen.
Des examens sans consentement explicite
L'enquête montre que le consentement reste, dans de nombreux cas, implicite plutôt qu'explicite. 84% des personnes interrogées disent avoir eu "des difficultés à refuser un examen gynécologique proposé par un professionnel de santé". En cause, selon l'association, le rapport d'autorité entre soignant et patient, mais aussi un manque d'informations sur le déroulement des actes pratiqués.
Plus de la moitié des répondantes rapportent également des situations que StopVOG considère comme pouvant constituer des violences sexuelles : "examens réalisés par surprise (26,35%)", "par sentiment d'obligation (31,7%)", "malgré la douleur et la volonté d'arrêter (51,3%)", ou "malgré un refus exprimé (4,1%)".
Dans les situations les plus graves, le défaut de consentement peut aller jusqu'à des examens poursuivis malgré le refus éclairé et/ou la douleur. "Une personne sur deux (51,3 %) témoigne avoir subi au moins un examen trop douloureux pour elle, mais qui a été poursuivi malgré sa volonté de l’arrêter. Les actes les plus fréquemment cités sont la pose du spéculum (20,1 %), le toucher vaginal (15,1 %), le frottis (13,6 %), la pose de stérilet (13,2 %) et l’échographie endovaginale (12,4 %)", détaille l'étude.
L'association rappelle dans son rapport que le consentement aux soins n'est pas acquis une fois pour toutes et qu'il "doit être clairement demandé avant chaque acte".
Des violences qui laissent des traces
Au-delà de la question du consentement, l'étude met en lumière d'autres violences gynécologiques. Près d'une répondante sur deux affirme avoir vu sa douleur minimisée ou ignorée. Beaucoup évoquent des propos "culpabilisants, infantilisants ou discriminatoires", notamment en lien avec leur poids, leur orientation sexuelle, leur handicap ou leur origine.
Ces expériences ont des conséquences bien au-delà de la consultation. Plus d'une personne sur deux déclare avoir retardé ou renoncé à un suivi gynécologique après une mauvaise expérience. Certaines évoquent également des répercussions psychologiques, comme l'anxiété, la peur des consultations ou une perte de confiance envers les professionnels de santé.
Dans le rapport, une participante résume cette rupture : "J’ai été traumatisée. Je ne suis plus allée voir de praticien pendant plusieurs années et depuis je pleure et j’angoisse pour chaque rendez-vous".
Les pratiques doivent changer, selon l'association
Pour l'association, ces résultats montrent que les dispositions prévues par la loi sur le consentement aux soins ne sont pas toujours appliquées dans les consultations gynécologiques. Elle recommande notamment de recueillir un consentement libre, éclairé et renouvelé avant chaque examen intime.
Mais aussi de mieux informer les patientes sur les actes réalisés et sur leurs droits. De plus, les professionnels de santé devraient être mieux formés au respect des droits des patients.
Pour StopVOG, replacer le consentement au cœur de la relation de soin est indispensable afin que chaque examen puisse être réalisé dans un climat de confiance et avec l'accord explicite de la personne concernée.