Xavier Bertrand attaque la politique sécuritaire de Macron, "un fiasco"

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Selon Xavier Bertrand, "il y a en France un numerus clausus carcéral qui ne dit pas son nom". 1:02
Selon Xavier Bertrand, "il y a en France un numerus clausus carcéral qui ne dit pas son nom". © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
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Dans un entretien au JDD, le président (ex-LR) du Conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand dénonce avec force la politique sécuritaire d'Emmanuel Macron, pointant les responsabilités du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et de la garde des Sceaux Nicole Belloubet. 
SUR LE JDD

"Le pays est sous tension, divisé comme rarement", dénonce Xavier Bertrand dans un entretien au Journal du dimanche. Pour lui, la politique sécuritaire d'Emmanuel Macron est un "fiasco". "Nos rues sont le théâtre de violences depuis plus de quinze mois. Contrairement à sa promesse, non seulement le Président n'a pas réconcilié les Français, mais il les a souvent dressés les uns contre les autres", juge l'ancien ministre.

"Le tissu français se déchire sous nos yeux"

"Je lui dis : "Attention ! Le tissu français se déchire sous nos yeux et vous en êtes responsable, Monsieur le Président. Pendant les deux ans de mandat qu'il vous reste, votre priorité doit être de protéger les Français"", explique Xavier Bertrand qui s'est déjà pré-positionné pour la présidentielle de 2022. Il voit un chef de l'Etat "mal à l'aise avec ces questions régaliennes".

Il pointe aussi la responsabilité du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et celle de la garde des Sceaux Nicole Belloubet, qui "doit donner des directives claires et fortes en matière de justice pénale". "Nous avons un triste record en matière de non-recouvrement des amendes et de non-exécution des peines", déplore-t-il en demandant que ne soit pas appliquée la nouvelle échelle des peines prévue par la loi sur la justice. Selon Xavier Bertrand, "il y a en France un numerus clausus carcéral qui ne dit pas son nom" et "la garde des Sceaux veut vider les prisons, car la promesse de Macron de construire 15.000 places ne sera pas tenue", explique-t-il.

"Il faut changer de politique"

Faut-il remplacer ces deux ministres clés ? Oui "car il faut changer de politique" et "il faut pour cela que le Président change, et déjà de comportement". Le président des Hauts-de-France condamne la pose cette semaine d'Emmanuel Macron avec à la main un T-shirt dénonçant les violences policières: "C'est une insulte aux forces de l'ordre, une remise en cause de ce qu'elles sont : les derniers remparts de la République".