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Voile, séparatisme, rassemblement musulman interdit... La stratégie contestée de Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur maintient qu’il s’oppose à l’interdiction du voile pour les mineures et se défend de toute complaisance avec l’islamisme. [Hans Lucas / AFP]

Pris dans une polémique sur ses positions jugées ambiguës, Laurent Nuñez tente de défendre sa ligne face aux accusations de complaisance avec l’islamisme. Entre projet de loi, déclarations controversées et revers judiciaire, sa stratégie interroge.

Laurent Nuñez au cœur des polémiques. Après avoir affirmé le mois dernier qu'il s'opposait à l'interdiction du voile pour les fillettes, le ministre de l’Intérieur annonce une nouvelle loi sur le séparatisme islamiste. Et puis, avant d’être désavoué par la justice ce vendredi matin, il a également souhaité interdire la tenue du grand rassemblement annuel des musulmans de France, une organisation rattachée aux Frères musulmans, prévu ce week-end au Bourget.

Accusé cette semaine de complaisance avec l'islamisme, le ministre de l’Intérieur tente de calmer le jeu.

Forme de "en même temps"

Une forme de "en même temps" qui brouille les lignes. Au cœur de la polémique, après ses propos tenus le mois dernier à la Grande Mosquée de Paris sur le voile des fillettes, Laurent Nuñez tente de s’expliquer sur BFM TV. "Est-ce que voir des petites filles de 6 ou 7 ans voilées dans l’espace public me choque ? Évidemment oui", avait-il déclaré.

Mais le ministre de l’Intérieur maintient qu’il s’oppose à l’interdiction du voile pour les mineures et se défend de toute complaisance avec l’islamisme. "Dans le même temps où cette polémique naît, je présente un projet de loi qui vise à renforcer la lutte contre le séparatisme islamiste. Et j’ai lancé il y a quelques jours une procédure d’interdiction du rassemblement des musulmans de France. Donc voilà, je n’ai plus de leçons à recevoir sur mon engagement sur ces sujets", s’est-il défendu.

Un texte présenté prochainement en Conseil des ministres 

Le rassemblement au Bourget est finalement autorisé par la justice, mais sa demande d’interdiction sonne comme une volonté de faire taire les critiques par la communication. C’est en tout cas l’accusation portée, au sein de l’administration, par les détracteurs de Laurent Nuñez, dont le projet de loi sur l’entrisme islamiste serait une copie conforme du texte que Bruno Retailleau avait commandé lorsqu’il était ministre de l’Intérieur et que le président des Républicains s’apprêtait à déposer sous forme de proposition de loi.

Un texte présenté en Conseil des ministres mercredi prochain, alors que le calendrier parlementaire laisse très peu de chances à son examen avant la fin du quinquennat.