Violences à Paris : au Sénat, Castaner se défend de tout laxisme mais peine à convaincre

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Christophe Castaner Eric FEFERBERG / AFP 1:33
Face aux sénateurs, Christophe Castaner a récusé une mauvaise anticipation de l'acte 18 des "gilets jaunes". © Eric FEFERBERG / AFP
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Trois jours après les violences survenues à Paris en marge de l'acte 18 des gilets jaunes, le ministre de l'Intérieur a été auditionné par les sénateurs, mardi.

Trois heures à se défendre de toute erreur commise place Beauvau : mardi, Christophe Castaner a été longuement auditionné par les sénateurs de la commission des lois, trois jours après les violences commises lors de l'acte 18 des "gilets jaunes". Si le secrétaire d'État Laurent Nuñez et le ministre de l'Économie Bruno Le Maire ont aussi été entendus, c'est bien leur collègue de l'Intérieur qui était attendu au tournant par les parlementaires.

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Questions précises et accusatrices. Cerné par une trentaine de questions de sénateurs tantôt précises, tantôt accusatrices, Christophe Castaner a répondu pied à pied, se défendant d'abord d'un changement de doctrine concernant le maintien de l'ordre : "Depuis le 4 décembre, notre rencontre ici au Sénat, les choses ont changé : nous n'avons pas baissé la garde et nous nous sommes adaptés aux méthodes des casseurs." La veille, lundi, le Premier ministre a d'ailleurs annoncé une série de mesures, comme l'interdiction de manifester dans certains quartiers ou une réorganisation du maintien de l'ordre avec plus d'autonomie sur le terrain.

Pas de "problème d'anticipation". Face aux sénateurs, Christophe Castaner a aussi démenti l'idée d'une mauvaise préparation de l'acte 18, samedi : "La mobilisation des forces de l'ordre était importante et nous avions prévu un tel niveau de violence", explique-t-il. "Il n'y a donc pas eu en amont un problème d'anticipation. Nous avions fait part au préfet de police d'une consigne extrêmement claire : la plus grande fermeté. Cette consigne n'a pas été exécutée convenablement." C'est ce qui explique le remplacement du préfet de police, Michel Delpuech, par Didier Lallement.

" Le vrai patron, ce n'est pas le préfet de police mais c'est bien le ministre de l'Intérieur "

Delpuech, fusible trop facile ? Le préfet de police a été un fusible trop facile, à en croire les sénateurs. "Je demanderai simplement au ministre de l'Intérieur de nous dire quand l'autorité de l'État sera retrouvée dans notre pays car le vrai patron, ce n'est pas le préfet de police mais c'est bien le ministre de l'Intérieur", a condamné le sénateur Les Républicains Michel Raison. Dans l'ensemble, les parlementaires se sont montrés peu satisfaits par les réponses du ministre, sous le feu nourri des critiques depuis quatre jours. "Castaner, persifle un président de groupe, c'est responsable mais pas coupable."

Europe 1
Par Hadrien Bect, édité par Thibaud Le Meneec