Un psy analyse la personnalité d'Emmanuel Macron : "Deux ans de présidence ont transformé un ado tout feu tout flamme en quelqu'un qui s'est aguerri"

  • A
  • A
Partagez sur :
Pour le psychanalyste Serge Hefez, invité vendredi au micro de Wendy Bouchard sur Europe 1, la personnalité d'Emmanuel Macron a évolué depuis le début de son mandat.
INTERVIEW

Que retenir de la personnalité d'Emmanuel Macron après deux ans de présidence ? Pour Serge Hefez, psychanalyste invité vendredi au micro de Wendy Bouchard dans le Tour de la question sur Europe 1, l'attitude du président de la République, qui oscille entre grande proximité et une forme d'arrogance, peut parfois déconcerter les Français.

De manière générale, "il a du mal à trouver la bonne distance. Soit il est trop "jupitérien" et il devient arrogant voire insupportable dans certaines remarques qui montrent sa distance avec les autres. Soit on le voit dans une proximité extrêmement forte, danser avec des jeunes gens par exemple. Et cette volte-face est déconcertante", analyse Serge Hefez.

"Il a toujours eu le besoin absolu de séduire"

Selon lui, il faut chercher une explication à la personnalité d'Emmanuel Macron dans son enfance : "Quand on voit le rapport qu'il a eu avec sa grand-mère, puis celui avec celle qui allait devenir sa femme, on comprend qu'il a toujours eu le besoin absolu de séduire, de montrer combien il est extraordinaire. C'est le premier de la classe, l'enfant roi, et ça lui colle à la peau. Ça le met dans une proximité avec tous, assure le psychanalyste. D'ailleurs, j'étais assez fasciné au début de son mandat, quand je le voyais dans la foule, de voir à quel point son regard captait l'autre, à quel point il se rendait présent pour comprendre ce que l'autre attendait".

>> De 9h à 11h, "C’est le tour de la question" avec Wendy Bouchard. Retrouvez le replay de l’émission ici

"Aujourd'hui il est un peu plus à distance"

Mais deux ans de présidence "ont transformé un ado tout feu tout flamme en quelqu'un qui s'est aguerri", estime Serge Hefez. "C'est quelqu'un qui nous a beaucoup montré son narcissisme, son envie d'être aimé, d'être admiré. Depuis, il a pris pas mal de coups et aujourd'hui il est un peu plus à distance".

En témoigne les échanges avec les Français lors du grand débat, organisé en réaction au mouvement des gilets jaunes : "A travers la séduction, j'ai vu des convictions. Il ne s'agissait pas de plaire pour plaire", estime Serge Hefez. "Il était davantage médiatisé par un contenu. Il cherchait à convaincre".