54 milliards d’euros d’économies, un déficit sous les 5% et aucune hausse d’impôts : Sébastien Lecornu a dévoilé les grandes lignes de son budget 2027. Un effort qui promet de susciter de vifs débats au Parlement, alors que le gouvernement ne dispose pas de majorité.
Un effort réaliste ? Sébastien Lecornu a détaillé jeudi, dans les colonnes du Figaro, son projet de budget 2027, avec à la clé 54 milliards d'euros d'économies et pour objectif de ramener le déficit sous les 5 % l'an prochain, le tout sans augmenter les impôts. De son côté, Matignon refuse le mot "austérité" et revendique plutôt une copie offensive sur la dépense publique. Quel que soit le vocabulaire employé, les oppositions n'apprécient pas.
"Budget de casse sociale"
Parce que tout le monde, ou presque, devra faire des efforts : l'État, les fonctionnaires et les retraités notamment. Des coupes que défend la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. "Ce n'est pas un budget d'austérité ou un budget de rigueur, comme ce que j'ai pu entendre ici ou là. En revanche, c'est un budget difficile, dans une situation difficile", admet-elle.
Alors, la gauche est déjà vent debout : une "potion d'austérité" pour les socialistes, un "budget de casse sociale", dénoncent les communistes. Mais à l'Assemblée, les regards seront tournés vers le RN, qui pourrait s'abstenir de censurer le gouvernement dans la perspective d'une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle.
La candidate du Rassemblement national est pour autant loin d'être satisfaite de la feuille de route du Premier ministre. "Nous n'avons pas la même manière de voir les économies qui doivent être faites. C'est clair, ça. Tout le monde dit qu'il faut faire des économies, mais il y en a qui veulent faire des économies sur les retraités, certains veulent faire des économies sur les malades", détaille-t-elle.
Et d'insister : "Nous, nous souhaitons faire des économies sur le fonctionnement des administrations, sur le train de vie de l'État, mais aussi sur le financement massif de l'immigration."
Ce budget sera examiné par l'Assemblée nationale et le Sénat et, sans majorité, devrait être largement amendé.