Le gouvernement cherche à réaliser 6 milliards d'euros d'économies sur les retraites l'an prochain. Parmi les pistes étudiées : renoncer à l'indexation des pensions sur l'inflation ou supprimer l'abattement fiscal de 10%. Des scénarios qui inquiètent les premiers concernés.
Les retraités pourraient être directement impactés par les efforts budgétaires envisagés par le gouvernement. L'exécutif cherche à réaliser 6 milliards d'euros d'économies l'an prochain sur ce dossier. Une somme limitée au regard des plus de 400 milliards d'euros versés cette année pour les pensions, mais politiquement explosive.
Plusieurs scénarios sont sur la table. Le gouvernement pourrait renoncer à l'indexation des pensions sur l'inflation, ou encore supprimer l'abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités. Deux pistes qui suscitent déjà de fortes inquiétudes chez les premiers concernés.
"À force de nous ponctionner, c'est nous qui allons devenir les plus pauvres"
Assises sur un banc, sandwich à la main, Marie-Jeanne, Chantal, Sophie et Françoise profitent d'une pause déjeuner pendant leur randonnée. Mais au fil des premiers kilomètres, un sujet revient dans les discussions : l'effort qui pourrait être demandé aux retraités.
"À force de nous ponctionner, c'est nous qui allons devenir les plus pauvres", s'agace l'une d'elles. Pour ces quatre retraitées, qui touchent entre 2.000 et 3.000 euros par mois, l'idée passe mal. Entre une possible moindre revalorisation des pensions et la suppression éventuelle de l'abattement fiscal de 10%, elles ont le sentiment que l'addition pourrait vite devenir lourde.
"Pourquoi toujours les retraités ?"
"Ça fait beaucoup quand même pour des gens qui ont travaillé plus de 40 ans", estime Chantal. Ses amies approuvent. Toutes disent avoir l’impression d’être devenues des cibles faciles pour le gouvernement. "Pourquoi toujours les retraités ? Ils ne sont pas forcément riches. Foutez-nous la paix", lance l’une d’elles. Pour ces retraitées, l’effort devrait d’abord porter sur les dépenses de l’État.
"Il y a tout un tas d’économies à faire au niveau des ministères. Tous les voyages qui sont faits à droite, à gauche, est-ce que c’est vraiment justifié ?", interroge l’une des randonneuses. Certaines se disent moins radicales, mais réclament au minimum d’être consultées avant toute décision. "Là, on a l’impression que ça va nous être imposé d’en haut, sans qu’on soit associés à la réflexion", regrette l’une d’elles.
Les quatre amies attendent désormais avec inquiétude les arbitrages des prochaines semaines.