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Suppression des ZFE par le Conseil constitutionnel : une grande partie de la classe politique révoltée

De gauche à droite : Manon Aubry, Bruno Retailleau et Laure Lavalette. [AFP]

Alors que le Conseil constitutionnel a rétabli jeudi les ZFE, la colère monte chez les automobilistes et dans la classe politique ce vendredi. Accusée d'incarner une "écologie punitive", cette mesure pourrait de nouveau exclure des millions de Français des centres-villes.

Alors que la crise du carburant fait toujours rage, les automobilistes subissent un nouveau coup de massue. Ce jeudi, le Conseil constitutionnel a décidé de rétablir des zones à faible émission et pourrait donc à nouveau empêcher de nombreux automobilistes de pénétrer dans les centres-villes. Elles avaient pourtant été supprimées par le Parlement, mais les Sages ont rejeté la procédure. 

Au micro d'Europe 1, Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, a dénoncé ce vendredi 22 mai 2026 une posture "extrémiste et ségrégationniste pour les Français". C'est dire la colère qu'alimente cette décision, qui provoque aussi un tollé dans la classe politique.

Une "écologie punitive"

Le Conseil constitutionnel estime que la suppression des ZFE n'a aucun lien avec la simplification de la vie économique. C'est donc un cavalier législatif, une "rhétorique".

"C'est un peu facile, on a déjà eu le même cas de figure avec la loi immigration. Ça pose une vraie question. Je pense qu'il faut que le gouvernement réagisse rapidement. Pourquoi pas avec un projet de loi qui refasse voter pour vraiment supprimer ces ZFE ?", a déploré Laure Lavalette, députée du Rassemblement national, au micro d'Europe 1.

Invitée de La Grande Interview Europe 1-CNEWS ce vendredi, Manon Aubry a critiqué cette censure, estimant que "ces ZFE ne sont pas bien pensées" et représentent une "écologie punitive".

De son côté, Bruno Retailleau a assuré sur X que les ZFE "pénalisent les Français qui travaillent, qui n'ont pas les moyens de changer de voiture" et a lui aussi souligné qu'elles sont "le symbole d'une écologie punitive".

"En censurant la suppression des ZFE sur de fragiles arguties juridiques, le Conseil constitutionnel fragilise nos institutions, ridiculise le Parlement et insulte les Français !", a fustigé Éric Ciotti sur ses réseaux sociaux.

Autre solution pour supprimer cette réglementation : Alexandre Jardin, écrivain et initiateur du mouvement anti-ZFE, a annoncé à Europe 1 lancer une pétition sur le site de l'Assemblée nationale pour obtenir un référendum sur le sujet. 

"On va peser pour contraindre le Parlement à voter de toute urgence la loi qui va interdire à une quantité hallucinante de Français de pénétrer dans les grandes villes. Par la voie référendaire, si nous sommes des millions à nous compter, ça comptera", a-t-il affirmé.

Mais le gouvernement ne peut pas abandonner les ZFE, car la France a reçu 4 milliards d'euros de subventions européennes pour leurs installations. Une suppression serait synonyme de remboursement, impossible à imaginer devant le déficit de l'État.