Retraites : à l'Assemblée, l'opposition joue la carte de l'obstruction "pour retarder la décision finale"

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Avant d'arriver dans l'Hémicycle, le texte et les 22.000 amendements déposés sont d'abord examinés par une Commission spéciale. (Image d'illustration) 1:20
Avant d'arriver dans l'Hémicycle, le texte et les 22.000 amendements déposés sont d'abord examinés par une Commission spéciale. (Image d'illustration) © THOMAS SAMSON / AFP
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Il reste moins d’une semaine aux députés pour examiner en commission spéciale les 22.000 amendements déposés au projet de loi de réforme des retraites. Près de 19.000 de ces modifications sont proposés par le seul groupe de La France insoumise, qui assume une démarche d'obstruction pour marquer son opposition à la réforme.

L’arrivée du projet de loi de réforme des retraites à l’Assemblée nationale a été marquée par un premier bras de fer entre l’opposition et le gouvernement. Ce sont en effet 22.000 amendements au texte qui ont été déposés, dont près de 19.000 par le seul groupe France Insoumise. Le marathon législatif a débuté mardi en commission spéciale, avec des débats qui ont duré jusqu’à minuit.

"Ce sont des amendements à caractère politique…" La députée insoumise Clémentine Autain le revendique : il s’agit de faire de l’obstruction parlementaire. "C’est notre façon, tout simplement, de dire à quel point nous nous opposons à la philosophie totale du texte", explique-t-elle. Dans cette guerre d’usure, chaque alinéa du projet de loi sera discuté. Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, est prêt à utiliser toutes les armes possibles "pour retarder la décision finale".

L'universalité du projet au cœur des discussions

À droite, on critique l’absence de financement de la réforme. Le député LR Eric Woerth appuie aussi sur la multiplication des régimes spécifiques. "L’universalité que vous proposez, elle est totalement trouée. Un peu comme l’impôt est troué par des niches fiscales", a-t-il déclaré devant les autres élus.

Autre flèche tirée contre la majorité, cette fois par le communiste Sébastien Jumel : "On connaissait les Playmobil, désormais on connait les Playmobil sans cœur", a-t-il ironisé dans une référence au couac de samedi sur le rejet de l’allongement du congé pour le décès d’un enfant. Cette attaque qui provoque l’indignation de la présidente de la commission, Brigitte Bourguignon : "J’ai demandé à ce que l’on respecte tout le monde alors commencez par nous respecter aussi. Il n’y a pas de sans cœur ici."

Après 6h30 de discussions, il reste encore 21.201 amendements à étudier... avant vendredi soir. "Impossible", soupiraient à la sortie de la commission plusieurs députés qui s’attendent à travailler tout le week-end pour tenter de boucler l’examen du texte.

Europe 1
Par Jean-Gabriel Bourgeois, édité par Romain David