Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a demandé mardi à l'exécutif de mettre en place une "médiation". 2:01
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Jacques Serais, édité par Laura Laplaud
Alors que les opposants à la réforme des retraites s'apprêtent de nouveau à manifester ce mardi, Laurent Berger (CFDT) a demandé à l'exécutif de mettre en place une "médiation" pour "trouver une voie de sortie" à la crise sociale. L'exécutif va-t-il accepter cette solution ?

Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a demandé mardi à l'exécutif de mettre en place une "médiation" pour "trouver une voie de sortie" à la crise sociale, alors que les opposants à la réforme des retraites s'apprêtent de nouveau à manifester ce mardi. D'après le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, "il n'y a pas forcément besoin de médiation pour se parler".

"Il n'est pas lieu d'avoir une médiation"

"Le président de la République est prêt à recevoir l'intersyndicale. La Première ministre se tient à disposition des syndicats pour les recevoir très directement pour pouvoir parler. Le Conseil constitutionnel a été saisi parce qu'on veut pouvoir aller au bout du chemin démocratique sur ce texte de loi. Ce qui ne nous empêche pas du tout de commencer à discuter des modalités d'application des différents éléments du texte. Mais aussi, je le répète bien volontiers, de discuter au-delà du seul contenu de la réforme des retraites, de ce que nous pouvons faire ensemble pour faire progresser les droits des travailleurs", a déclaré Olivier Véran.

"Pour cela, il faut qu'on puisse se parler et discuter. Et nous estimons qu'il n'est pas lieu d'avoir une médiation. Il n'y a pas de médiateur dans la République quand on peut se parler directement", a-t-il ajouté ce mardi matin.

Un dialogue de sourds ?

Une chose est sûre : à l'heure actuelle le gouvernement compte bien aller au bout du processus engagé pour promulguer la loi sur la réforme des retraites. Cela s'apparente à un dialogue de sourds. L'exécutif estime que la réforme est déjà en suspens puisqu'elle est actuellement entre les mains du Conseil constitutionnel. "De fait, la réforme est suspendue à la décision des Sages", estime un proche conseiller d'Emmanuel Macron.

Un ou deux mois de médiation, hors de question

Autrement dit, les syndicats et le gouvernement n'ont pas encore commencé à se reparler qu'ils s'opposent déjà sur les conditions préalables au dialogue. Une certitude : cette déclaration du patron de la CFDT met la macronie dans l'embarras. "Laurent Berger fait un très beau coup", analyse un conseiller. "Il sait qu'on ne peut pas prendre sa main comme il le souhaite", explique-t-on dans la macronie. Partir sur un ou deux mois de médiation serait enterrer la réforme, et ça, c'est hors de question du point de vue de l'exécutif.