Retraites : "Il n’y aura pas de 49.3, la place est au débat", assure Laurent Pietraszewski​

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Laurent Pietraszewski​, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités, chargé des retraites. 2:56
Laurent Pietraszewski​, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités, chargé des retraites. © Europe 1
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La réforme des retraites est très contestée. Les députés d'opposition se mobilisent pour obstruer les débats à l'Assemblée et deux nouvelles journées de manifestations sont prévues la semaine prochaine. Laurent Pietraszewski​, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités, chargé des retraites, réagit sur Europe 1. 
INTERVIEW

Alors que le texte de la réforme des retraites va être examiné en plénière par l’Assemblée nationale le 17 février prochain, les syndicats ont été reçus à Matignon pour "faire le point" sur la réforme des retraites. Une réunion qui s’est achevée par une déception des syndicats, en l'absence d'avancée sur le sujet de la pénibilité. Les parlementaires d’opposition entendent perturber les débats, de nouvelles journées de manifestation sont prévue le 17 et 20 février prochain. Contre vents et marées, le gouvernement va devoir défendre sa réforme controversée. Laurent Pietraszewski​, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités, chargé des retraites, réagit vendredi sur Europe 1. 

"Pas de 49.3"

"Nous avons un engagement clair, nous adopterons le projet avant l’été." Les bâtiments de l'Assemblée nationale seront en effet en travaux au cours de l'été empêchant la tenue des sessions parlementaires.

Le secrétaire d'Etat revient sur la possibilité d'utiliser le référendum, demandé par certains élus, notamment Marine Le Pen. "Le référendum est hors sujet car notre volonté c’est de débattre. Je viens de passer 75 heures en commission spéciale où nous avons discuté. La volonté c’est d’aboutir et d’enrichir le texte. "Notre sujet n'est pas le 49.3, mais le débat de fond", ajoute-t-il. "Il n'y aura pas de 49.3, la place est au débat."

"Ce texte va refonder la solidarité entre les générations, va permettre de faire du vivre-ensemble dans notre République un beau projet projet. Ce texte il faut pouvoir en discuter sur le fond. Toutes les oppositions ne se comportent pas de la même façon, un groupe en particulier cherche à supprimer mot par mot, alinéa par alinéa", souligne le secrétaire d'Etat, faisant référence à l'obstruction assumée de la France insoumise, qui a déposé plusieurs milliers d'amendements. "Il faut se mettre à la hauteur de l'enjeu."

"On est très préparé"

La mobilisation des citoyens se poursuit, profession par profession. Face aux accusations d'amateurisme et d'impréparation, Laurent Pietraszewski​ se défend. "On est très préparé. La question c'est que nous touchons à un sujet qui concerne l'ensemble de la société. Quand on parle de retraite, on parle de rémunération des candidats, de l'emploi des seniors, la façon dont on gère les deuxième partie de carrière. L'équipe de Jean-Paul Delevoye a réussi à construire en près de deux ans les structures d'un système universel de retraite qui revisite complètement un dispositif qui date de plus de 75 ans. Maintenant ce sont les débats sur les transitions". 

 

Alors que les syndicats fustigent le manque d'avancées dans les négociations, le gouvernement met en avant le progrès social de sa réforme. "Il y a des avancées incontestables. La retraite progressive est maintenue à 60 ans. C’est la volonté du gouvernement de créer des passerelles entre l’activité et la retraite. Dans la fonction hospitalière, les aides-soignantes et infirmières bénéficieront d’une cessation progressive d’activité dans les deux dernières années. Il y a des éléments très positifs sur la façon de mobiliser l’expérience des seniors dans le mécénat. Ou encore l'ouverture de la pénibilité à toute la fonction publique à toutes les entreprises concernées sur les régimes spéciaux", explique Laurent Pietraszewski​. 

Europe 1
Par Mathilde Durand