Ce mardi, les députés se prononcent en première lecture sur le projet de loi "de protection des enfants". Un texte a priori consensuel, sauf une question qui a fait débat dans l'hémicycle : faut-il condamner à perpétuité des violeurs en série de mineurs de moins de 15 ans ? L'Assemblée a rejeté la proposition la semaine dernière sous l'impulsion de LFI. Un rejet qui a suscité la polémique, au point que le gouvernement réclame un nouveau vote ce mardi.
Le vote a eu lieu la semaine dernière dans un hémicycle dominé par la gauche et largement déserté. La perpétuité pour les violeurs en série de mineurs ? La France insoumise est contre, comme l'a exprimé Gabrielle Cathala.
"Quand un condamné n'a aucune perspective, ça ne l'incite nullement à essayer de s'améliorer et ça ne facilite aucunement la réinsertion de la personne". Et LFI de dénoncer la surenchère pénale.
"Moi, je considère que 20 ans, ça ne suffit pas", affirme Aurore Bergé
Un argumentaire qui sidère la ministre en charge du texte, Aurore Bergé : "Quand j'ai plaidé pour cet article, j'ai pris l'exemple d'un cas : le cas Le Scouarnec. Il a violé 299 fois des enfants. Sauf que dans l'état actuel du droit, il pouvait, au maximum, avoir une peine de réclusion criminelle de 20 ans. En s'opposant à cet article, on explique que dans des cas comme celui-ci, 20 ans ça suffit. Moi, je considère que 20 ans, ça ne suffit pas".
Le gouvernement compte donc sur la mobilisation des autres groupes à l'Assemblée nationale pour faire passer cette mesure. Les députés se prononceront dans la foulée sur la totalité du texte qui, en cas de vote favorable, sera examiné par le Sénat dans les prochaines semaines.