Le secrétaire national du Parti communiste français Fabien Roussel a été, sans suspense, reconduit dans ses fonctions, réélu avec 70,1% des voix, lors du dernier jour du congrès du PCF à Lille. Une victoire qui conforte le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) dans ses ambitions présidentielles.
Au congrès du Parti communiste, Fabien Roussel, reconduit dans ses fonctions de secrétaire national, a fait ce week-end un pas de plus vers une nouvelle candidature à la présidentielle, au grand dam de certains élus de son parti et de La France insoumise, qui lui reproche d'avoir empêché Jean-Luc Mélenchon d'accéder au second tour en 2022.
Les enjeux étaient déjà campés et le suspense faible: Fabien Roussel a été sans surprise réélu par 70,1% des voix à la tête du PCF, qu'il dirige depuis 2018, lors d'un vote à huis clos dimanche matin. L'officialisation de sa candidature à l'Élysée interviendra le 6 septembre, après un vote des militants, et quelques jours avant la Fête de l'Humanité.
La promesse d'une "nouvelle ère industrielle et agricole"
"J'ai exprimé le fait que j'étais disponible et candidat pour participer à cette élection et il n'y en a pas d'autre", a-t-il expliqué devant la presse dimanche à la clôture du congrès, estimant que le chemin était fait à "85%". "Notre objectif c'est de conquérir le pouvoir, à tout le moins d'y participer", a-t-il promis à ses troupes.
Conforté dans ses ambitions nationales par sa réélection en mars à la mairie de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), le secrétaire national du PCF a campé les contours de sa candidature à venir, à la tonalité radicale dans la pure tradition communiste.
Promettant "une nouvelle ère industrielle et agricole" (une référence à la faucille et au marteau), Fabien Roussel a rappelé sa volonté de nationaliser TotalEnergies et de "chercher l'argent" des "brigands en col blanc". Il s'est également érigé en défenseur du "pouvoir de vivre des salariés", précisant qu'il comptait en faire "un combat de classes" et ciblant la candidature d'Édouard Philippe, qui tient un meeting dimanche et contre qui il a appelé à "faire barrage".
"Nous serons les porte-paroles de l'OLP (l'Organisation de libération de la Palestine, ndlr) pendant cette campagne", a-t-il enfin lancé, en entamant un chant "Free Palestine".
Une candidature qui "déçoit" Jean-Luc Mélenchon
Cette nouvelle candidature communiste "me déçoit", a déploré Jean-Luc Mélenchon sur France 3. "Qu'ai-je fait depuis (2017) qui me vaille une telle opprobre, autant de critiques ?", a-t-il lancé, reprochant à certaines voix au sein du PCF de reprendre "les arguments de nos adversaires de droite" à son encontre, notamment des accusations d'antisémitisme.
Mais pas question pour Fabien Roussel, partisan de l'affirmation communiste, de se ranger derrière celui dont il ne cesse de se démarquer. "Si l'extrême droite augmente, ce n'est quand même pas de la faute du PCF, qui la combat depuis toujours. Au contraire, l'absence du PCF à la présidentielle renforcerait l'abstention", a indiqué vendredi dans l'Humanité l'ancien député, qui a perdu son siège à l'Assemblée après la dissolution de 2024.
Mais cela ne suffit pas à rassurer, même au sein de son propre parti. "Je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour le Parti communiste de présenter un candidat", martèle ainsi le patron des députés Stéphane Peu, plus favorable à un accord avec LFI pour garantir des circonscriptions aux communistes aux prochaines législatives.
Certains opposants internes ont tenté d'imposer une "clause de revoyure" à l'automne. Cette dernière a été rejetée samedi par les communistes.