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Présidentielle 2027 : Éric Zemmour appelle à un «vote du sursaut» lors de son discours de rentrée

[© SIMON WOHLFAHRT / AFP]

Éric Zemmour et Sarah Knafo ont ouvert ensemble l'université d'été de Reconquête à Port-Marly, devant environ 2.000 militants. Le fondateur du parti a détaillé un programme axé sur l'intelligence artificielle et réaffirmé son soutien à la "remigration", avant une possible candidature dès octobre.

Reconquête tenait son université d'été ce week-end à Port-Marly, dans les Yvelines. Plus de 2.000 militants étaient présents selon les organisateurs, réunis notamment pour écouter les discours de Sarah Knafo puis d'Éric Zemmour. Candidat pas encore déclaré à l'élection présidentielle, ce dernier a appelé à un "vote du sursaut et de la résurrection".

Loin des rumeurs de rivalité, les deux personnalités sont entrées ensemble sous les ovations du public, pour le lancement de leur campagne, marquant la volonté du duo d'afficher sa complémentarité. Première à prendre la parole, Sarah Knafo a d'abord salué et remercié Éric Zemmour. "Il y a dix ans, toute la presse et toute la classe politique lui disait qu'il exagérait. Aujourd'hui, ils veulent tous reprendre ses analyses. Éric prouve qu'on peut avoir raison avant tout le monde", a-t-elle déclaré.

L'intelligence artificielle, pilier du programme de Zemmour

À son tour, Éric Zemmour est monté à la tribune pour dresser les contours de son programme présidentiel. "L'intelligence artificielle n'est pas une mode californienne. C'est la troisième grande révolution industrielle de l'histoire de l'Occident, après la machine à vapeur et l'électricité", a-t-il affirmé devant les militants.

Il a détaillé plusieurs mesures : des investissements massifs dans l'IA, une électricité française qui "cessera d'être bradée", et la relance du nucléaire avec la création de six EPR d'ici à 2035 et quatorze d'ici à 2045. "Nous ferons de la France le pays européen où il est le plus facile de créer une entreprise d'IA", a-t-il lancé, en promettant la suppression "massive" des réglementations européennes et françaises qui "étouffent nos ingénieurs". Selon lui, la France peut "devenir le troisième grand pays de l'IA" après les États-Unis et la Chine, un objectif qui nécessiterait de mobiliser "l'épargne des Européens et des Français", évaluée à 37.000 milliards d'euros.

L'IA comme réponse à l'immigration, la "remigration" réaffirmée

Pour Éric Zemmour, l'intelligence artificielle et la robotique constituent aussi une réponse à l'immigration, son thème de prédilection, en remplaçant "ces prétendus immigrés indispensables qui font les travaux dont les Français ne veulent pas". Une réponse qu'il associe à une autre idée qu'il défend depuis des années, la remigration.

"Il ne suffit plus, en 2026, de fermer les frontières et d'arrêter les flux. Il faut aller plus loin. Il faut inverser le mouvement. Il ne suffit pas de prôner l'immigration zéro, mais d'enclencher l'immigration négative. Il faut la remigration", a-t-il affirmé.

Une candidature possible dès octobre, une deuxième campagne sans effet de surprise

Éric Zemmour devrait en 2027 moins insister sur ses thèses identitaires qu'en 2022, selon son entourage, misant davantage sur l'économie et sur les idées de Sarah Knafo, qui a dénoncé l'état des finances publiques dans son livre "Le Casse du Siècle" (Fayard), écoulé à plus de 100.000 exemplaires en douze jours.

Aucune annonce officielle de candidature n'a été faite, mais Éric Zemmour se donne jusqu'à octobre pour se déclarer, revendiquant déjà 350 promesses de parrainages d'élus sur les 500 nécessaires. Crédité d'environ 4 % d'intentions de vote, loin derrière Marine Le Pen (30 à 35 %), qui prononçait elle aussi son discours de rentrée dimanche à Hénin-Beaumont, le parti cherche un nouvel élan pour cette deuxième campagne présidentielle, cette fois sans l'effet de surprise qui avait participé au succès de Reconquête en 2022.