Jean-Luc Mélenchon continue sa percée électorale, grimpant jusqu'à 15% d'intention de vote au premier tour de la prochaine présidentielle. Un succès qui reflète une nouvelle métamorphose du leader insoumis, davantage caméléon que tortue électorale. Passant au début de sa carrière du républicain attaché à la laïcité, au partisan de la "créolisation" en 2022, et maintenant au promoteur d'une "Nouvelle France".
Un discours qui a disparu. La "créolisation" cède désormais la place à la "Nouvelle France" dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon, un vieux concept repopularisé en janvier 2025.
Aller chercher les 400.000 voix manquantes pour se qualifier au second tour
Mais avec une différence majeure : la "créolisation" défend l'apport des cultures étrangères pour améliorer la société française, en gardant une lignée historique. Alors que la "Nouvelle France" vient, selon ses mots, "remplacer l'ancienne génération par une nouvelle", qui garde sa différence.
Son vocabulaire change également. Par exemple, le leader insoumis ne parle plus d'une "bourgeoisie dominante", mais d'un peuple "tout blanc, tout moche". À l'inverse, sa "Nouvelle France" inclut uniquement les "racisés", les "quartiers populaires", les militants LGBT et propalestiniens.
La "créolisation" passe donc à la trappe. Son objectif, théorisé par le député Éric Coquerel, consiste à aller chercher les 400.000 voix manquantes pour se qualifier au second tour chez les Français issus de l'immigration, massivement abstentionnistes. Tout en pariant sur des électeurs sociaux-démocrates qui oublieront, espère-t-il, cet énième renoncement républicain, comme ses derniers propos jugés "antisémites".