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Fête de l'Humanité : Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel se livrent une bataille de leadership

[© JOEL SAGET / AFP]

Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel ont tous deux pris la parole à la Fête de l'Humanité, illustrant la concurrence entre les deux candidats de gauche radicale à la présidentielle. Le premier a martelé ses thèmes économiques et sociaux, tandis que le second a déroulé un projet résolument communiste, se voulant "plus à gauche" que son rival.

Qui est le plus chez lui à la Fête de l'Humanité ? Les deux candidats de gauche radicale à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel, y ont chacun pris la parole, le premier espérant notamment récolter le vote communiste.

Devant une foule compacte, qui s'étendait très loin du stand de La France insoumise et débordait dans les allées, Jean-Luc Mélenchon a continué de développer les thématiques économiques et sociales qu'il a fait siennes en cette rentrée politique, un discours très compatible avec le public de gauche radicale ou d'extrême gauche de la Fête de l'Humanité.

"Le budget de l'État doit être débarrassé de la charge des aides sans contrepartie au capital", a insisté le candidat insoumis. "Travailleuses, travailleurs, vous autres, gens du peuple, ne croyez pas que vous soyez accablés par autre chose qu'un rapport de force que vous devez inverser", a-t-il également lancé, en ciblant les "fadaises de la main invisible du marché".

Le fondateur de LFI s'en est aussi pris à Gabriel Attal, candidat de Renaissance, qui a proposé de remplacer le Code du travail par une "Constitution du travail" plus courte. "Qu'ils s'en aillent tous", a lancé le tribun insoumis sous les chants "On va gagner" des militants. Le quadruple candidat à la présidentielle a veillé à ne pas mentionner ses adversaires de gauche, qu'il devance à ce stade dans des sondages qui le donnent parfois aux portes du second tour, préférant vanter le sérieux de son organisation : "Nous sommes le contraire des amateurs. Nous sommes formés, éduqués, instruits, organisés, disciplinés. Nous savons ce que nous voulons faire, comment le faire, quand le faire, où le faire".

Fabien Roussel se veut "plus à gauche" que Jean-Luc Mélenchon

Le patron du PCF Fabien Roussel, qui a officialisé le week-end dernier sa candidature, a tenu dans la foulée son premier meeting de campagne depuis la scène principale, devant une foule où ont été entendus quelques "Roussel président". L'occasion de dérouler son projet résolument communiste pour cette campagne : nationalisations, appels à la mobilisation populaire, renvoi du patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné devant le tribunal. "Nous voulons nous réapproprier notre outil de production", a notamment lancé le maire de Saint-Amand-les-Eaux, qui a appelé à "nationaliser une grande banque pour financer l'économie" française. "Nous voulons le beurre et l'argent du beurre", a-t-il résumé.

Fabien Roussel a également investi le thème de la dette de la France, remis dans le débat public par son rival insoumis pendant l'été, la qualifiant d'"énorme machine à faire taire les peuples". "On va faire du gros rouge qui tache", souriait vendredi devant la presse le porte-parole du PCF, Léon Deffontaines, ajoutant : "Sur les questions économiques et sociales, on sera plus à gauche et radical que Jean-Luc Mélenchon".

Une rivalité ancienne entre les deux partis

Car le leader de LFI est un peu l'éléphant dans la pièce du PCF. Ayant pris depuis longtemps le leadership de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon a fini en 2022 au premier tour du scrutin présidentiel avec 21,95 % des voix, loin, très loin devant les 2,28 % de Fabien Roussel. Mais les insoumis n'ont toujours pas digéré cette candidature communiste autonome qui, accusent-ils, a privé leur champion du second tour à la place de la candidate RN Marine Le Pen, cette dernière ayant fini avec seulement 420.000 voix d'avance sur Jean-Luc Mélenchon.

Aux présidentielles de 2012 et 2017, à l'époque du Front de gauche et aux débuts de LFI, le PCF, sous la direction de Pierre Laurent, avait pourtant soutenu Jean-Luc Mélenchon, avant que Fabien Roussel ne décide de présenter sa propre candidature, au nom de l'affirmation communiste et de désaccords de ligne politique avec LFI. "En 2022, la base militante communiste était contente de retrouver de la visibilité. Mais cette année, je ne ressens aucun enthousiasme autour de la candidature de Fabien Roussel", a affirmé à l'AFP le coordinateur de LFI, Manuel Bompard. "Roussel, ça va se régler rapidement. Il invisibilise le PCF", juge pour sa part en privé Jean-Luc Mélenchon.