Plus de 2.000 participants aux journées d'été des écologistes à Toulouse

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Ils étaient plus de 2.000 à participer à l'ouverture des journées d'été EELV à Toulouse.
Ils étaient plus de 2.000 à participer à l'ouverture des journées d'été EELV à Toulouse. © Twitter @Journeesdete
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Les journées d'été EELV ont démarré fort jeudi avec des milliers de participants. Fort de ce succès, le parti souhaite que "l'écologie prenne le pouvoir" et ne cache pas ses ambitions pour 2022. 

Plus de 2.000 participants et de nouveaux adhérents : les écologistes étaient aux anges jeudi pour l'ouverture de leurs journées d'été à Toulouse, affichant sans fard leurs ambitions à un peu plus de six mois des municipales.

Des milliers de nouveaux arrivants

Fort de son succès aux élections européennes de mai (13,5%), EELV effectue sa rentrée politique le vent en poupe et le moral gonflé à bloc. À l'image de son chef de file, Yannick Jadot, qui jeudi matin encore, a assuré sur BFM qu'il fallait "que l'écologie prenne le pouvoir" en 2022, "la grande chance de notre pays".

"C'est un bon cru, on est à peu près au même niveau d'affluence qu'à Nîmes en 2009", a estimé auprès de l'AFP l'ancien député européen Alain Lipietz. Chargée de l'organisation, Marine Tondelier a annoncé plus de 2.000 personnes, soit le double de l'an dernier à Strasbourg, et faisant se lever dans un amphithéâtre bien plein les nouveaux membres du parti.

EELV assure compter désormais un peu plus de 7.000 adhérents, contre un peu moins de 5.000 fin 2018. Si "les pulls qui grattent et les birkenstocks ne sont pas obligatoires", "la cravate en bois commence à se démocratiser" !, a souri celle qui pourrait briguer la mairie de Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, en mars, dans une allusion à l'accessoire vestimentaire jadis arboré par le candidat à la primaire de 2011 Henri Stoll.

Les questions écologistes sur le devant de la scène

Le secrétaire national d'EELV David Cormand a souligné dans son dernier discours dans cette fonction le "contraste saisissant" entre les "années de disette" connues par EELV et la période actuelle. "Les questions posées par les écologistes sont désormais sur le devant de la scène", s'est-il félicité, ne cachant pas les ambitions du parti pour les municipales : "nous postulons à conduire le changement". 

Appelant les membres d'EELV à la "modestie", le secrétaire national a également souligné qu'"aucune personnalité ne peut réussir seule", dans ce qui a sonné comme un avertissement à Yannick Jadot parfois accusé d'avoir "pris le melon" après les européennes. Et, dans une phrase où flottait un parfum de revanche, David Cormand n'a pu s'empêcher d'envoyer une pique à l'ancien grand frère socialiste : "Jadis nous avons connu des partenaires écrasants, méprisants, remplis de la morgue des dominants. La mémoire de leurs erreurs doit nous guider."

Jeudi matin sur France 2, le premier secrétaire du PS Olivier Faure avait fustigé "l'erreur" consistant à "penser que parce qu'on a gagné une élection on est devenu le roi du pétrole". "La leçon des européennes c'est que personne n'a gagné", a-t-il dit.

Un chemin encore long

"On n'a pas pris la grosse tête, on a les pieds sur terre", a assuré à la tribune la députée européenne Karima Delli. "On a la tête tournée vers une ambition partagée par des millions de Français et d'Européens : il faut changer la vie des gens", a-t-elle souligné. "On n'est plus à l'époque de 'l'écologie c'est plus tard'. C'est maintenant ! Il faut que le maximum de villes et villages soient verts. (...) Le sujet ça n'est pas de savoir si on en est capable ou pas. C'est que c'est nécessaire ! (...) Ça n'est pas une question de melon, mais une question de devoir", a estimé auprès de l'AFP Alain Lipietz.

Reste que le chemin jusqu'aux municipales est encore long. Entre-temps, les écologistes devront passer l'étape de leur Congrès, prévu en novembre, sans étaler trop au grand jour leurs divisions. Dans les travées des JDE, la question agitait déjà jeudi les participants, alors que trois "contributions" pour l'instant ont été déposées : l'une émanant de la direction d'EELV, l'autre de l'ancienne députée Eva Sas et la troisième de militants de la région Occitanie. 

David Cormand pousse la candidature du duo Julien Bayou-Sandra Regol, les deux porte-parole du parti. Une option qui n'a pas la faveur de Yannick Jadot, qui se reconnaîtrait davantage dans celle de Eva Sas, selon des cadres d'EELV.