En Nouvelle-Calédonie, les habitants seront appelés aux urnes ce dimanche 28 juin pour les élections provinciales. Quelques 190.000 électeurs vont renouveler le congrès des trois assemblées.
Deux ans après les émeutes, les 192.000 électeurs de la Nouvelle-Calédonie sont appelés à voter pour renouveler les assemblées des trois provinces de l'archipel, en même temps que les conseillers du Congrès, qui désigneront à leur tour l'exécutif local.
Initialement prévues en 2024, les émeutes n'avaient pas permis que ces élections se tiennent dans de bonnes conditions. Elles ont été décalées trois fois au total pour laisser une chance à un accord institutionnel sur l'avenir de l'archipel. Celui-ci n'a finalement jamais été trouvé entre indépendantistes et loyalistes.
Un "baromètre du rapport de force entre indépendantistes et non-indépendantistes"
Le scrutin de dimanche fait ainsi figure de test. "Il sert de baromètre du rapport de force entre indépendantistes et non-indépendantistes. Mais cette fois-ci l'enjeu est encore plus important, c'est que les équilibres qui sortiront des urnes vont servir de base à la reprise des négociations avec l'État. En réalité, l'élection, elle ne vient pas clôturer une séquence politique, elle vient plutôt combler l'absence d'accords, notamment de Bougival et Élysée-Oudinot, et éventuellement relancer les discussions", explique Pierre-Christophe Pantz, chercheur associé à l'Université de Nouvelle-Calédonie.
Pour les non-indépendantistes, l'enjeu est de peser encore davantage dans les futures négociations en consolidant leur position dans le paysage politique. Quant aux indépendantistes, menés entre autres par le FLNKS, une victoire serait d'autant plus historique que cela fait plus de 40 ans qu'ils n'ont pas eu de majorité dans les institutions calédoniennes.
Enfin, et c'est la nouveauté de ce scrutin, il se fera avec un corps électoral légèrement élargi, environ 10.500 électeurs de plus. C'est cette question ultra sensible du dégel du corps électoral qui avait cristallisé les tensions en 2024 alors que les indépendantistes y sont fermement opposés.