Notre Dame : Retailleau critique une "loi d'exception" et veut l'abandon du concours d'architectes

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Le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau s'oppose au projet de loi sur la restauration de Notre Dame.
Le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau s'oppose au projet de loi sur la restauration de Notre Dame. © LUDOVIC MARIN / AFP
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Les sénateurs LR ne voteront pas en l'état le projet de loi pour restaurer Notre-Dame, a indiqué jeudi leur chef de file Bruno Retailleau, dénonçant "une loi d'exception". 

Les sénateurs LR ne voteront pas tel quel le projet de loi pour restaurer Notre-Dame car c'est "une loi d'exception", a indiqué jeudi leur chef de file Bruno Retailleau, en appelant à abandonner le projet de concours international d'architecture.

Surprise et mécontentement. Un projet de loi pour restaurer la cathédrale autorisant des dérogations aux normes des marchés publics et de la protection patrimoniale a été présenté mercredi en Conseil des ministres, suscitant surprise et mécontentement de la part de voix importantes dans le monde de la culture qui critiquent la "précipitation" et le non-respect des règles en vigueur. 

"Je pense qu'au Sénat on va le modifier", a indiqué jeudi sur RTL Bruno Retailleau. "On ne rejettera pas ce texte ; bien sûr nous voulons restaurer, non pas reconstruire, Notre-Dame. Mais elle n'est pas l'objet du président, il ne peut pas prétendre se l'accaparer", a-t-il estimé en rappelant que le chef de l'Etat souhaite qu'elle soit reconstruite "plus belle encore". "On n'a pas besoin de faire une loi d'exception, uniquement là pour crédibiliser la promesse d'Emmanuel Macron de (reconstruire) en cinq ans", a-t-il ajouté.

"Ce grand chantier doit être un chantier français". Mais si l'on veut "aller vite", "je fais une proposition : on abandonne cette drôle d'idée d'un projet de concours d'architecture international qui va encore une fois opposer les Français les uns aux autres pour restaurer la flèche", a-t-il dit, en souhaitant au contraire utiliser "l'excellence française, des historiens d'art jusqu'aux compagnons artisans". "Ce grand chantier doit être aussi un chantier français", a-t-il insisté. 

Pour restaurer la cathédrale ravagée en partie par un incendie mi-avril, Bruno Retailleau a estimé que sur le quasi milliard d'euros récolté, "il faudra à peu près 500 millions", ce qui permettrait de "flécher" les 500 millions restants vers "la restauration du patrimoine religieux, les cathédrales et les milliers d'églises en France qui sont en train de se délabrer".