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Municipales 2026 : mis en examen pour viol, un maire réélu mais interdit de mettre un pied dans sa commune

Malgré les accusations, Philippe Janicot conteste les faits qui lui sont reprochés. [Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Réélu dès le premier tour à Boisseuil (Haute-Vienne), Philippe Janicot ne peut pourtant pas exercer sur place. Mis en examen pour viols et soumis à un contrôle judiciaire, le maire est interdit de séjour dans sa commune, une situation inédite.

Un maire élu au premier tour des élections municipales et pourtant interdit de mettre un pied dans sa ville. Réélu dimanche dernier, Philippe Janicot (sans étiquette) se retrouve dans une situation inédite. Mis en examen pour viols et soumis à un contrôle judiciaire, l’élu de Boisseuil (Haute-Vienne) n’a pas le droit de se rendre dans sa propre commune.

Mis en examen pour viol

Le maire sortant a pourtant été reconduit à la tête de cette commune d’environ 3.000 habitants avec 51,6 % des voix (885 suffrages), face à la liste citoyenne de gauche emmenée par Amandine Coiraud (48,4 %).

Mais derrière cette victoire électorale se cache un contexte judiciaire particulièrement lourd. Philippe Janicot a été mis en examen le 17 décembre dernier après des accusations de viol portées par plusieurs femmes, dont son ex-compagne.

Placé en détention provisoire fin 2025, l’élu a ensuite été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Celui-ci s’accompagne notamment d’une mesure d’éloignement lui interdisant de paraître à Boisseuil. Il est donc contraint de vivre à Bordeaux, à plusieurs centaines de kilomètres de sa commune.

Un maire élu… mais absent

Conséquence directe : malgré sa réélection, Philippe Janicot ne peut pas exercer pleinement ses fonctions sur place. Il lui est interdit de mettre un pied dans la commune dont il reste pourtant le maire, une situation rare dans la vie politique locale.

Dans certains cas, il pourrait toutefois être autorisé à "assister aux réunions du conseil municipal", indiquait son avocat, maître Emmanuel Raynal, à nos confrères de Slate.

Une situation qui interroge

Cette affaire met en lumière un paradoxe du droit français : un élu mis en examen, et donc présumé innocent, peut se présenter à une élection et être élu, sauf en cas de condamnation assortie d’une peine d’inéligibilité.

À Boisseuil, comme ailleurs, ce type de situation suscite de vives interrogations sur l’exemplarité des responsables politiques et le fonctionnement démocratique des collectivités locales. Malgré les accusations, Philippe Janicot conteste les faits qui lui sont reprochés.